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ne se doute pas généralement des pertes que font éprouver à l’agricultureles animaux maltraités et mal dressés : non-seulement ils dépérissent et neprofitent pas de la nourriture qu’ils consomment, mais ils ne font pas laquantité de travail dont ils seraient capables s’ils étaient bien dressés ettraités avec douceur.
Le surveillant comptable enseignera la comptabilité, qui est la boussoledes cultivateurs. Rien n’est plus utile qu’une bonne comptabilité pour ins-truire les cultivateurs sur les pertes et bénéfices que leur donnent les diffé-rentes cultures qu’ils adoptent dans leurs assolements ; cependant rien n’estgénéralement moins connu, surtout dans la petite culture. Le professeurde comptabilité donnera, de plus, des notions sur la pratique du cubage, dunivellement et de l’arpentage. Les neuf dixièmes de nos cultivateurs ne con-naissent même pas la contenance de leurs pièces de terre. Ils les mesurent,dans beaucoup d’endroits, par journées de travail de labour.
Le vétérinaire enseignera les premiers éléments de l’art de soigner lesanimaux dans leurs maladies les plus simples. Il insistera surtout sur lesmoyens de les conserver en santé par une bonne hygiène; il apprendraaux élèves par quels procédés on peut arriver à perfectionner les racespar leur accouplement, leur croisement ou leur régime; comment on peutles mouler, diriger leur conformation suivant les besoins de la consomma-tion actuelle.
Enfin le jardinier-pépiniériste enseignera l’horticulture potagère, quioffre de si immenses ressources à la nourriture du peuple; il apprendral’art d’établir et soigner les pépinières pour les reboissements, et celui degreffer, de tailler et entretenir les arbres fruitiers. L’art de diriger la pro-duction d’un bon fruit n’est pas assez répandu duns nos campages. Lesarbres fruitiers y sont généralement voisins de l’état de sauvageons, quandil serait si simple de leur faire rendre les meilleurs produits sans causerplus de frais.
Les enfants qui auront le plus de goût pour cette partie de l’enseigne-ment sei’ont plus spécialement attachés aux travaux du jardin; nos cam-pagnes pourront se recruter ainsi de jardiniers habiles, qui manquentpresque partout. Rien n’est moins bien connu, moins compris que les res-sources des jardins potagers de nos exploitations rurales. Un potager bienexploité est une exception; sauf aux environs des grandes villes, nos ou-vriers agriculteurs n’entendent rien à sa culture et à son entretien.