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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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ne se doute pas généralement des pertes que font éprouver à lagricultureles animaux maltraités et mal dressés : non-seulement ils dépérissent et neprofitent pas de la nourriture quils consomment, mais ils ne font pas laquantité de travail dont ils seraient capables sils étaient bien dressés ettraités avec douceur.

Le surveillant comptable enseignera la comptabilité, qui est la boussoledes cultivateurs. Rien nest plus utile quune bonne comptabilité pour ins-truire les cultivateurs sur les pertes et bénéfices que leur donnent les diffé-rentes cultures quils adoptent dans leurs assolements ; cependant rien nestgénéralement moins connu, surtout dans la petite culture. Le professeurde comptabilité donnera, de plus, des notions sur la pratique du cubage, dunivellement et de larpentage. Les neuf dixièmes de nos cultivateurs ne con-naissent même pas la contenance de leurs pièces de terre. Ils les mesurent,dans beaucoup dendroits, par journées de travail de labour.

Le vétérinaire enseignera les premiers éléments de lart de soigner lesanimaux dans leurs maladies les plus simples. Il insistera surtout sur lesmoyens de les conserver en santé par une bonne hygiène; il apprendraaux élèves par quels procédés on peut arriver à perfectionner les racespar leur accouplement, leur croisement ou leur régime; comment on peutles mouler, diriger leur conformation suivant les besoins de la consomma-tion actuelle.

Enfin le jardinier-pépiniériste enseignera lhorticulture potagère, quioffre de si immenses ressources à la nourriture du peuple; il apprendralart détablir et soigner les pépinières pour les reboissements, et celui degreffer, de tailler et entretenir les arbres fruitiers. Lart de diriger la pro-duction dun bon fruit nest pas assez répandu duns nos campages. Lesarbres fruitiers y sont généralement voisins de létat de sauvageons, quandil serait si simple de leur faire rendre les meilleurs produits sans causerplus de frais.

Les enfants qui auront le plus de goût pour cette partie de lenseigne-ment seiont plus spécialement attachés aux travaux du jardin; nos cam-pagnes pourront se recruter ainsi de jardiniers habiles, qui manquentpresque partout. Rien nest moins bien connu, moins compris que les res-sources des jardins potagers de nos exploitations rurales. Un potager bienexploité est une exception; sauf aux environs des grandes villes, nos ou-vriers agriculteurs nentendent rien à sa culture et à son entretien.