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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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On peut voir, daprès ce court exposé de lenseignement de la ferme-école, que chacun de ses professeurs instruira les élèves dans les opéra-tions de sa spécialité. Cette heureuse combinaison dinstruction agricoledonnée aux enfants du peuple des campagnes, qui comptent plus de2 5 millions dhabitants, fera opérer dans lexploitation du sol une révolu-tion qui, en augmentant ses produits dans des proportions incalculables,donnera à la République des richesses et une puissance quelle nauraitjamais sans elle.

Mais cet avantage trop longtemps attendu par lagriculture ne sera pasle seul dont la République profitera : linstruction agricole fera com-prendre à toute notre jeunesse des campagnes, à tous les enfants de cul-tivateurs , que leur profession est la plus noble, la plus belle, la plus dignede lhomme libre, comme le disait Cicéron; elle sera honorée ainsi quellemérite de lêtre. Elle fera aimer la République, parce quelle seule auraéclairé lagriculteur sur ses droits dhomme et de républicain, au lieu deles lui laisser ignorer, comme lont fait les monarchies. Pendant leur règneles cultivateurs nétaient pas à leur rang dans la société; ils le prendrontdésormais, et cest la République qui leur en fournira les moyens en leséclairant sur leur honorable profession. Les fils des cultivateurs, pleins din-telligence et de force, ne dédaigneront pas la carrière de leurs pères,parce quils la comprendront ; ils niront pas dans les villes solliciter desplaces, et se mettre trop souvent à la disposition de lintrigue, de coupa-bles partis, ou de théories anti-religieuses et immorales, qui ne tendentquà compromettre la France et la société entière ; la famille et la propriété,comme la religion, nauront rien à craindre des rêves anti-sociaux de quel-ques esprits chagrins et ennemis de lordre. Vous savez, citoyens, si le cul-tivateur aime sa famille, sa propriété et la religion !

Linstruction agricole, enfin, retiendra le peuple des campagnes chezlui, et la République naura pas dadmirateur plus dévoué, de soutienplus énergique. Avec lui, elle naura rien à craindre de ses ennemis.

Le ministre propose de créer successivement une ferme-école dans cha-cun des arrondissements de la République; et comme ces établissementssont destinés à ne recevoir que de jeunes ouvriers, que des fils de petitscultivateurs, qui nont pas les moyens de faire instruire leurs enfants, len-seignement, comme la pension, le logement et lentretien, seront gratuits.LiÉtat payera i 7 5 francs pour chaque enfant, qui, par son travail modéré