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serait peut-être opportun de les recevoir avant seize ans, c’est-à-dire au sortir de l’école primaire. Le ministre i’aurait désiré comme nous ; mais 1raisons qu’il a données en faveur de la mesure qu’il a prise, et que vouspouvez juger vous-mêmes dans son projet de décret, ont déterminé votrecomité à se ranger de son avis. Du reste, ce citoyen pense qu’il y aura lieuplus tard d’adjoindre à des établissements d’enseignement, des coloniesd’enfants de tout âge abandonnés, d’orphelins, de vieillards indigents etd’ouvriers agriculteurs pauvres qui sont dans l’impossibilité de gagner leurvie. Ce sera une œuvre philanthropique qui demandera des études diffé-rentes de celles que nous faisons aujourd’hui, bien que d’ailleurs elles nelui soient pas étrangères.
Du reste, l’administration ne laissera pas les fermes-écoles sans surveil-lance. Leurs directeurs devront tenir une comptabilité en partie double etconstamment à jour, pour que les délégués du ministre puissent juger,quand ils en recevront l’ordre, de la situation des fermes-écoles. Le con-cours du Gouvernement devra être retiré à celles qui ne rempliraient pasles conditions qui leur seront imposées, si leur produit net n’était pas aumoins égal à celui de la ferme la mieux cultivée relativement dans la régionoù elle se trouve. Le ministre demande à l’Assemblée les sommes nécessairespour en créer une au moins dans chaque département et dans les arron-dissements qui en ont le plus de besoin. Il en organisera ensuite cinquantepar an, jusqu’à ce que chaque arrondissement de la République en soitpourvu. Leur nombre s’élèvera alors à 36o environ.
Des écoles régionales.
Le mode d’enseignement des écoles régionales d’agriculture diffère essen-tiellement de celui des fermes-écoles. Là, nous n’avons vu qu’un enseigne-ment pratique, sans développements scientifiques. Les professeurs ne doi-vent qu’expliquer les faits, rendre un compte raisonné des opérations agri-coles de la ferme, du lieu où ils se trouvent. Les élèves qu’on y formeraseront d’excellents ouvriers cultivateurs; mais les sciences naturelles et ma-thématiques appliquées à l’agriculture leur feront défaut; ils ne pourrontpas comprendre certains phénomènes de la vie des végétaux et des ani-maux, dont la connaissance est d’un secours si puissant pour bien dirigernotre jugement dans leur exploitation de toute nature. L’élève de la ferme-