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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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école sera à celui de lécole régionale ce quest le conducteur des travauxdes ponts et chaussées aux ingénieurs chargés de tracer des plans, dencalculer tous les détails, et de les faire exécuter dans les conditions mêmeles plus difficiles. La ferme-école doit toujours faire une agriculture lucra-tive. Chez elle, point dexpériences hasardées pour éclairer les théories etdécouvrir de nouveaux moyens damender les terres ou de les fumer, pointdimportation de végétaux ou animaux nouveaux pour se convaincre silssont utiles ou non, sils sont onéreux ou lucratifs. Lécole régionale, aucontraire, est avant tout un établissement dinstruction théorique et pratiqueen même temps ; et, pour rendre cette instruction aussi profitable que lecommande le besoin du progrès de l'industrie rurale, il faut expérimentersurtout les produits végétaux ou animaux; il faut enfin chercher dans lin-connu pour découvrir de nouveaux procédés plus avantageux, soit dansla fabrication de quelques produits secondaires que lagriculteur prépareavant de les livrer au commerce, soit dans le perfectionnement des espècesvégétales ou animales que nous possédons déjà ou que nous voulonsadopter.

On conçoit donc quun établissement denseignement de cette nature nepouvait pas être à la charge de lindustrie privée, qui ne doit pas plusquelle ne peut sexposer à des mécomptes.LEtat seul doit sen charger; seulil peut pourvoir aux frais dexpériences de toute nature commandées par leprogrès. Dailleurs, les plus beaux établissements dindustrie privée, commeles mieux dirigés, sont exposés à périr avec tout ce quils ont déplus pré-cieux pour la science, lorsque le génie qui les a créés vient à manquer.Tout ce qui a été réuni, préparé avec soin par de longues études, beau-coup de peine et de temps, disparaît sans laisser la moindre trace, et estperdu pour le pays, de même que les précieuses traditions qui sont souventune garantie de réussite pour lavenir. Le talent, en effet, le zèle, le dé-vouement, ne se transmettent pas par hérédité, comme un immeuble.Quest devenu Roville, le berceau de la science de lagriculture en France ,après la mort de son fondateur? LÉtat ne meurt pas, et sil avait eu pourson compte cette école, devenue célèbre en quelques années, la France nenserait pas privée aujourdhui; les nombreux élèves quelle aurait formésauraient porté la lumière dans bien des points elle nexiste pas. Il enserait des écoles régionales comme de Roville, si elles nétaient pas à lacharge de lEtat.