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Le citoyen ministre de l’agriculture propose donc, dans son projet dedécret, de mettre les établissements sous la dépendance du Gouverne-ment ; il pense, en même temps, que 20 établissements de cette nature,distribués par régions, suffiront à la République pour éclairer les points dedoctrine agricole qui laissent encore des doutes partout en France, notam-ment sur la production animale et l’importation des divers types repro-ducteurs.
Les élèves qui seront admis dans les écoles régionales seront soumis àdes examens préalables. Le citoyen ministre porte leur nombre à soixantedans chaque école; mais nous ne pensons pas que le nombre doive en êtrelimité. Vingt élèves sortis les premiers des fermes-écoles y seront admis àtitre de boursiers; pour les autres, l’instruction sera toujours gratuite,mais ils payeront leur pension et s’entretiendront à leurs frais. Nous approu-vons cette disposition du décret du ministre. Les jeunes gens qui irontdirectement à l’école régionale seront généralement des fds de proprié-taires cultivateurs aisés ou riches qui auront les moyens de payer leur pen-sion.
La durée des études des écoles régionales sera de deux ans au moins etde trois ans au plus, d’après le projet de décret dont j’ai l’honneur de vousrendre compte. Nous désirerions quelle fût de trois ans au moins; ce tempsne sera pas trop long pour suivre avec fruit les cours qui seront professés,étudier les expériences qui seront faites et les connaître d’une manièresatisfaisante.
Le personnel d’enseignement des écoles régionales serait composé d’undirecteur et d’un sous-directeur qui professeront des cours; de quatre pro-fesseurs de sciences chimiques, physiques, mathématiques ou naturelles,appliquées à l’agriculture; d’un agent' comptable pour enseigner la comp-tabilité; d’un chef de pratique, d’un surveillant des élèves, d’un maîtreirrigateur et d’un jardinier-pépiniériste. Une magnanerie, une fromagerie,une féculerie, une sucrerie pourraient être annexées aux écoles régionalesqui seraient placées dans des lieux où ces industries l’exigeraient.
On formerait, de plus, dans ces écoles, où se trouveraient des ateliersde pei’fectionnement d’instruments aratoires, des ouvriers habiles sur lecharronnage et la maréchalerie. Ces ouvriers se répandraient dans les cam-pagnes et y fabriqueraient de bons outils, surtout des instruments perfec-tionnés, abréviateurs, dont l’usage est trop borné, parce qu’ils manquent.
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