Buch 
Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
Entstehung
Seite
345
JPEG-Download
 

345

Le citoyen ministre de lagriculture propose donc, dans son projet dedécret, de mettre les établissements sous la dépendance du Gouverne-ment ; il pense, en même temps, que 20 établissements de cette nature,distribués par régions, suffiront à la République pour éclairer les points dedoctrine agricole qui laissent encore des doutes partout en France, notam-ment sur la production animale et limportation des divers types repro-ducteurs.

Les élèves qui seront admis dans les écoles régionales seront soumis àdes examens préalables. Le citoyen ministre porte leur nombre à soixantedans chaque école; mais nous ne pensons pas que le nombre doive en êtrelimité. Vingt élèves sortis les premiers des fermes-écoles y seront admis àtitre de boursiers; pour les autres, linstruction sera toujours gratuite,mais ils payeront leur pension et sentretiendront à leurs frais. Nous approu-vons cette disposition du décret du ministre. Les jeunes gens qui irontdirectement à lécole régionale seront généralement des fds de proprié-taires cultivateurs aisés ou riches qui auront les moyens de payer leur pen-sion.

La durée des études des écoles régionales sera de deux ans au moins etde trois ans au plus, daprès le projet de décret dont jai lhonneur de vousrendre compte. Nous désirerions quelle fût de trois ans au moins; ce tempsne sera pas trop long pour suivre avec fruit les cours qui seront professés,étudier les expériences qui seront faites et les connaître dune manièresatisfaisante.

Le personnel denseignement des écoles régionales serait composé dundirecteur et dun sous-directeur qui professeront des cours; de quatre pro-fesseurs de sciences chimiques, physiques, mathématiques ou naturelles,appliquées à lagriculture; dun agent' comptable pour enseigner la comp-tabilité; dun chef de pratique, dun surveillant des élèves, dun maîtreirrigateur et dun jardinier-pépiniériste. Une magnanerie, une fromagerie,une féculerie, une sucrerie pourraient être annexées aux écoles régionalesqui seraient placées dans des lieux ces industries lexigeraient.

On formerait, de plus, dans ces écoles, se trouveraient des ateliersde peifectionnement dinstruments aratoires, des ouvriers habiles sur lecharronnage et la maréchalerie. Ces ouvriers se répandraient dans les cam-pagnes et y fabriqueraient de bons outils, surtout des instruments perfec-tionnés, abréviateurs, dont lusage est trop borné, parce quils manquent.

44