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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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Quels services les instruments perfectionnés, les machines nont-ils pasrendus à lindustrie manufacturière! Serait-elle ainsi arrivée sans eux audegré de prospérité nous la voyons aujourdhui en Europe? En fabri-quant ceux dont lagriculture a besoin, en les admettant partout, oncréerait une branche dindustrie qui nexiste encore quà létat rudimentaireen France; on occuperait de grandes quantités douvriers en bois et en fer,et la mécanique serait à lagriculture ce quelle a été aux manufactures detout ordre. Les machines, qui rendraient le travail de lagriculteur plusfacile, moins fatigant et plus lucratif, contribueraient à faire obtenir lanourriture du peuple à meilleur marché, comme on la vu pour les objetsmanufacturés.

Le ministre estime que les écoles régionales, qui sont appelés à rendrede si éminents services à lindustrie rurale dans les diverses régions de laFrance, ne coûteront pas à lEtat plus de quarante à quarante-cinq millefrancs chacune. Cette somme est peu élevée en raison de la source derichesses quelles procureront partout elles seront fondées.

Quelques personnes nont pas partagé notre opinon ni celle du ministresur le mode dorganisation des écoles régionales. On a pensé que lexploi-tation de ces établissements doit être à la charge de lindustrie privée,parce que, sous la surveillance de l'Etat, la culture ne donne pas, dit-on,les mêmes bénéfices que les exploitations privées. Mais lÉtat nopère pasici pour gagner de largent. Son devoir, cest dinstruire et de ne rien né-gliger pour le faire; il y manquerait si, pour quelques écus, il tronquaitlenseignement, sil lentravait et ne provoquait pas les études expérimen-tales qui nécessitent toujours des dépenses que ne peut faire lindustrieprivée. Les bénéfices de lÉtat aux écoles régionales, comme dans tous lesétablissements denseignement, sont linstruction du peuple; il 11e doit riennégliger pour la lui donner, surtout sous un gouvernement républicain.Sil agissait autrement, il comprendrait mal sa mission et les véritables inté-rêts de la République.

Les écoles régionales, indispensables pour éclairer lesrégions ellesse trouveront sur la culture qui leur sera applicable, nont et ne pourrontavoir dautre but que linstruction. Si lintérêt privé sen mêlait, il en résul-terait essentiellement un conflit qui nuirait à lintérêt général ; lintérêtprivé, en effet, est le plus souvent, sinon toujours, opposé à des expé-riences que commande lenseignement sur des questions en litige, et qui