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de professeurs qui enseigneront toutes les sciences naturelles, physiques,chimiques et mathématiques, etc. dans leur application à toutes les branchesde l’industrie agricole -, quatre chefs de service répétiteurs seront employésaux divers services de l’exploitation, tels que celui de la pratique agricole,des étables, écuries et bergeries, de perfectionnement d’animaux, de jardins,pépinières et vergers, de sylviculture, etc.; un agent comptable, un bi-bliothécaire conservateur des collections et deux surveillants compléterontle personnel que doit comprendre l’institut. L’admission des élèves serasoumise à des examens devant un jury, et des diplômes seront délivrésaprès des épreuves solennelles.
L’agriculture aurait ainsi, comme les ponts et chaussées, les travaux pu-blics, les mines, les arts, les diverses armes d’élite de l’armée, ses hommesspéciaux. Ils jugeraient, d’après les profondes études qu’ils auraient faites,les moyens propres à faire réussir toutes les grandes conceptions en indus-trie rurale. La plupart ont échoué si elles ont été mises en pratique, etn’ont point été exécutées faute de capacité pour bien les interpréter et lesdiriger. La France et l’Algérie ont des terrains incultes qui offrent à la Répu-blique des richesses incalculables dont elle ne peut pas profiter. Elle n’apas encore les hommes de savoir et de génie qui pourront en diriger fruc-tueusement l’exploitation. Ces agriculteurs, d’ailleurs, qui commanderontla confiance par leur savoir et les preuves qu’ils auront données de leurhabileté à bien diriger des entreprises lucratives, attireront vers l’industrierurale les capitaux qui auraient continué de s’en éloigner toujours. Celas’explique : l’argent fuit avec raison les entreprises hasardées ou mécon-nues; il recherche toujours le capital de l’intelligence et du savoir, quisait le faire fructifier. Le capital moral et le capital matériel se prêtent tou-jours un mutuel appui, parce qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre, etque l’expérience leur a prouvé qu’ils avaient raison tous les deux.
Le ministre a pensé que l’institut national agronomique, organisé commeles facultés de médecine et de droit, ne devrait pas avoir d’élèves internes;que les boursiers, au nombre de quarante, et venant des écoles régionales,qui les auraient reçues elles-mêmes des fermes-écoles, toucheraient1,200 francs et se logeraient où ils pourraient. La majorité de votre co-mité n’a pas été de cet avis : il a cru que, si les cours de l’institut devaientêtre publics, accessibles, non-seulement à tous les élèves, mais aux étran-gers, les élèves boursiers doivent être surveillés et casernes comme ceux de