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l’école polytechnique. Deux motifs sérieux ont milité en faveur de cetteopinion : d’abord, l’Etat doit être assuré que les élèves dont il fait les fraisd’instruction en sont dignes sous tout rapport, et l’institut ne peut en êtreassuré que par une surveillance facile et incessante; d’un autre côté, v ily aura économie, parce que les élèves internes ne coûteront pas à l’Etat1,200 francs chacun, lorsqu’ils seront réunis tous ensemble; enfin, sur-veillés avec attention, ils ne seront pas exposés aux distractions bien na-turelles à leur âge, lorsqu’ils seront livrés à eux-mêmes dans une villecomme Versailles et près de Paris. L’expérience, d’ailleurs, ne laisseaucun doute à ce sujet partout où elle a été faite. Votre commission vouspropose donc de déclarer dans votre rapport que vous désirez que les jeunesgens boursiers soient internes.
Suivant le vœu du ministre, les trois élèves de l’Institut qui auraientmontré le plus de capacité après avoir terminé leur éducation seraient en-voyés, aux frais de l'État, en mission complémentaire d’instruction, pourétudier les divers modes d’exploitation de différents pays de France ou del’étranger; ils opéreraient suivant un programme tracé par l’administra-tion , et ils seraient obligés de fournir un travail dont la publication éclai-rerait la France sur des questions qui seraient encore en litige. Ce moded’instruction, employé en histoire naturelle, en économie politique, enarchéologie, en industrie manufacturière, en art militaire, etc., etc., aproduit les plus heureux résultats, et l’agriculture comparée aurait beau-coup à gagner à ce genre d’études, comme les citoyens choisis pour lesfaire. Enfin les emplois honorables que nécessiterait ultérieurement l’ad-ministration de l’agriculture, lorsque son organisation serait complète,seraient, pour les jeunes gens d’intelligence et de savoir, un sujet d’émula-tion qui ne manquerait pas de produire les plus heureux effets.
On peut voir, d’après ce qui précède, citoyens, ce que l’agriculture fran-çaise et la richesse de la France peuvent espérer de l’organisation de l’ins-truction agricole, telle que le projet de décret qui vous est présenté lapropose. La ferme-école formera des ouvriers instruits et propres à devenirde bons métayers ou petits fermiers, ou à conduire avec intelligence degrands travaux d’exploitation sous la direction imprimée par leurs chefs.Les jeunes intelligences supérieures qu’on y découvrirait seraient envoyées,aux frais de l’État, aux écoles régionales, et , plus tard, à l’institut national
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