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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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pour y puisér les hautes connaissances qui termineraient leur éducationprofessionnelle.

Lorsque lorganisation de linstruction professionnelle agricole aura reçuson application ; lorsque les réformes qUe commanderont naturellement lesétudes quon fera, lauront rendue telle que nous la désirons tous, telleque les besoins de la République lexigent, nous pourrons dire que nous se-rons parvenus au meilleur mode dorganisation du travail qui puisse êtremis en pratique. Un événement politique, un changement ou une modifica-tion dans lordre social dun peuple, font éprouver de suite Une secousseplus ou moins nuisible aux industries manufacturières; il sensuit des grèves,des chômages qui mettent des milliers douvriers dans la rue et causent auxgouvernements et à la société les plus grands embarras. Lindustrie ruralena pas les mêmes inconvénients : les champs offrent toujours de louvrage àleurs ouvriers, et dautant plus quils sont mieux cultivés. Si les ouvriersmanquent à la grande manufacture de la nature, elle ne leur manque ja-mais ; ils y ont toujours droit au travail ; au travail honnête, qui ne nuit ni àleur santé, ni à leurs mœurs ; ils conservent les qualités qui distinguent lespopulations rurales amies de la religion, de lordre et des institutions dé-mocratiques sages, au lieu de sen montrer les ennemis sous lempire delambition, de lintrigue ou du vice.

La France, depuis le xvi c siècle, a donné relativement trop dextensionà lindustrie manufacturière, trop peu à lindustrie agricole. Ces deux sourcesde prospérité de la France, loin davoir été maintenues dans une harmoniebien raisonnée, ont perdu leur équilibre, et ce défaut de prévision a déjàcoûté beaucoup trop cher à la France, et surtout à notre jeune République :elle saura profiter de la leçon daujourdhui et des erreurs du passé.

Le citoyen ministre de lagriculture signale, dans son projet de décret,une expérience qui lui a démontré les avantages et les économies quilpourrait réaliser sur les dépenses faites par lEtat pour le perfectionnementde nos diverses races danimaux domestiques; elles contribueraient à la fon-dation de nos établissements dinstruction professionnelle agricole. Desanimaux reproducteurs de choix, entretenus par ladministration dans desétablissements spéciaux, ont été annexés à des fermes-écoles déjà existanteset ont permis de réformer des états-majors toujours fort coûteux , commele dit le ministre lui-même, et devenus inutiles au moyen du procédé quila employé. 11 dit à ce sujet : on verra si ce système économique peut être appliqué