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pour y puisér les hautes connaissances qui termineraient leur éducationprofessionnelle.
Lorsque l’organisation de l’instruction professionnelle agricole aura reçuson application ; lorsque les réformes qUe commanderont naturellement lesétudes qu’on fera, l’auront rendue telle que nous la désirons tous, telleque les besoins de la République l’exigent, nous pourrons dire que nous se-rons parvenus au meilleur mode d’organisation du travail qui puisse êtremis en pratique. Un événement politique, un changement ou une modifica-tion dans l’ordre social d’un peuple, font éprouver de suite Une secousseplus ou moins nuisible aux industries manufacturières; il s’ensuit des grèves,des chômages qui mettent des milliers d’ouvriers dans la rue et causent auxgouvernements et à la société les plus grands embarras. L’industrie ruralen’a pas les mêmes inconvénients : les champs offrent toujours de l’ouvrage àleurs ouvriers, et d’autant plus qu’ils sont mieux cultivés. Si les ouvriersmanquent à la grande manufacture de la nature, elle ne leur manque ja-mais ; ils y ont toujours droit au travail ; au travail honnête, qui ne nuit ni àleur santé, ni à leurs mœurs ; ils conservent les qualités qui distinguent lespopulations rurales amies de la religion, de l’ordre et des institutions dé-mocratiques sages, au lieu de s’en montrer les ennemis sous l’empire del’ambition, de l’intrigue ou du vice.
La France, depuis le xvi c siècle, a donné relativement trop d’extensionà l’industrie manufacturière, trop peu à l’industrie agricole. Ces deux sourcesde prospérité de la France, loin d’avoir été maintenues dans une harmoniebien raisonnée, ont perdu leur équilibre, et ce défaut de prévision a déjàcoûté beaucoup trop cher à la France, et surtout à notre jeune République :elle saura profiter de la leçon d’aujourd’hui et des erreurs du passé.
Le citoyen ministre de l’agriculture signale, dans son projet de décret,une expérience qui lui a démontré les avantages et les économies qu’ilpourrait réaliser sur les dépenses faites par l’Etat pour le perfectionnementde nos diverses races d’animaux domestiques; elles contribueraient à la fon-dation de nos établissements d’instruction professionnelle agricole. Desanimaux reproducteurs de choix, entretenus par l’administration dans desétablissements spéciaux, ont été annexés à des fermes-écoles déjà existanteset ont permis de réformer des états-majors toujours fort coûteux , commele dit le ministre lui-même, et devenus inutiles au moyen du procédé qu’ila employé. 11 dit à ce sujet : on verra si ce système économique peut être appliqué