Buch 
Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
Entstehung
Seite
366
JPEG-Download
 

366

montrer que ces établissements, tout en faisant pour la grande propriété,et peut-être pour la moyenne propriété, autant et plus que ne lexigentleurs intérêts, ne font rien pour la petite propriété, cest-à-dire rien pourplus de 2h millions de cultivateurs sur 2 5 millions. (Dénégations.)

Volv diverses. Ce sont des assertions.

Le citoyen Dezeimeris. Ce sont ces assertions que je me propose deprouver à lAssemble, et immédiatement si elle lexige. (Parlez! parlez!)

Jentre donc dans le débat, puisque lAssemblée le veut.

Il y a des siècles quon fait léloge de lagriculture ; il y a des siècles aussiquon la néglige; quon lobère, quon la pressure. Je ne viens point luidécerner un éloge de plus; je viens indiquer un moyen simple, facile,pratique, efficace, de la soulager, de la relever, de lenrichir. Le moment estvenu pour les hommes dEtat de porter leur attention de ce côté, car lesutopies ont fait leur temps, et cest ici quon doit trouver non-seulementle salut de la République, mais le salut de la société. Quand il est questionde la régénération agricole dun pays comme la France, ce nest pas seu-lement lintérêt de lagriculture qui est en jeu, cest lintérêt de luniversalitédes citoyens. Une perturbation profonde agite la société jusque dans sesbases, et mettrait en péril, si lon ny portait remède, la pérennité de la fa-mille et le droit de propriété, sur lequel elle repose.

La cause de cette perturbation sociale, cest linfériorité relative de lacondition des travailleurs : il faut que cette situation change ; il faut quela condition des travailleurs se relève; il faut que la production, mais laproduction demandée, la production utile, cette production qui crée desconsommateurs, sagrandisse dans de vastes proportions ; que les bras soientrecherchés en plus grand nombre quil ny en a de disponibles ; que le prixdu travail sélève, tout en procurant un accroissement de bénéfices à celuiqui le commandera et le payera. Lagriculture, ramenée et résolumentlancée, par la main puissante de lEtat, dans la voie jusquici méconnuedu véritable progrès, peut réaliser promptement, presque instantanément,ces bienfaits. Et telle est la situation agricole actuelle de la France, quenélevant de 2 5o à 3oo millions de francs par année les produits du sol des-tinés à fournir au peuple une meilleure alimentation, à entretenir nos ma-nufactures de matières premières, ou à payer les produits de lindustrie,plus dun demi-siècle pourra sécouler avant que ce mouvement progressifsoit condamné à se ralentir, par la proximité du but auquel notre agri-