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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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culture peut avoir la prétention d’atteindre. C’est une situation exception-nelle et providentielle faite à la France, que d’avoir devant elle une aussiprodigieuse carrière d’améliorations, à une époque où l’avénement desprincipes d’égalité et de fraternité exige aue tout membre de la famillefrançaise puisse y trouver sa part.

Eh bien, cette part, il l’y trouvera; il l’y trouvera, non-seulement sansdommage pour personne, niais avec profit pour tout le monde.

L’industrie manufacturière, rendue à sa situation normale, serait enmesure de fabriquer des marchandises en beaucoup plus grande quantitéque n’en demande l’état actuel de nos marchés.

La consommation intérieure est telle que la comportent les ressourcesd’une société dont les neuf dixièmes sont réduits à une extrême médiocrité.A part la consommation de nos colonies, dont nous payons chèrement leprivilège, les marchés étrangers nous sont partout disputés par la concur-rence étrangère. Tant que la situation de nos populations rurales, c’est-à-dire de la plus grande partie de notre population ne change pas, nôtreindustrie se trouve donc enchaînée de toutes parts dans des limites fort res-treintes. Puis l’industrie manufacturière, considérée en elle-même, a sonéclat, mais elle a aussi ses dangers.

Ses progrès ont ce résultat avantageux d’abaisser le prix de ses produits,et de permettre au consommateur de satisfaire plus largement à ses besoins;mais ses progrès ont aussi souvent pour résultat de mettre des bras horsd’emploi par la substitution des machines, de créer des produits plus rapi-dement que la consommation ne peut les absoi’ber, d’aboutir à des encom-brements, et de faire succéder la ruine des chefs d’entreprise au chômageet à la ruine des travailleurs.

Il résulte de là, à des époques plus ou moins rapprochées, des criseseffroyables et le fléau du paupérisme. Aussi les nations les plus avancées del’Europe présentent-elles ce spectacle terrible des alternatives d’une marcherapide dans la production de la richesse et d’un mouvement non moins pré-cipité vers l’accroissement de la misère. Cela tient essentiellement à ceci :c’est qu’il est dans la nature même de l’industrie de produire sans cesse,de produire toujours, sans calculer ce quelle trouvera à placer, sans cal-culer ce que lui demanderont les acheteurs. Eh bien, l’agriculture, quandelle est placée, comme celle de France, dans une position prodigieusementdistante de la perfection, peut produire avec ardeur, peut produire tou-