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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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jours, sans redouter dencombrement. Lagriculture a ce double privilège ,que, plus elle produit, plus elle améliore directement et par elle-même lasituation des travailleurs quelle emploie, plus elle leur donne les moyens dese procurer des produits des manufactures, et par conséquent plus elleouvre à lindustrie les débouchés que celle-ci ne saurait elle-même se don-ner. Lagriculture française est dans une position telle que ses produitspeuvent, dans lespace de dix à douze ans, être pour le moins triplés.

Il est évident que si le Gouvernement, prenant sérieusement en main lamission dont le pays la chargé, de pourvoir aux prospérités de lavenir,indiquait dune manière convenable à lagriculture les voies dans lesquelleselle doit sengager, et lui imprimait une impulsion vigoureuse-, il est évident,il est incontestable quil lui serait possible de faire sortir du territoire fran-çais des produits sélevant au moins à la valeur de 25o à 3oo millionschaque année de plus que les produits de lannée précédente.

Eh bien, il est parfaitement certain quun accroissement pareil de pro-duits créés pour lagriculture fournirait à nos manufactures, non-seulementles moyens de se maintenir, mais les moyens de prendre de nouveaux déve-loppements. Et je suis ici obligé dindiquer quon est tombé dans une erreurtrès-grave, lorsque, signalant linconvénient de la trop grande concentra-tion de la population dans les villes, on a dit que nous avions trop fait pourlindustrie, quil fallait lui enlever des bras, quil fallait ramener les popula-tions de lindustrie à lagriculture. Je dis que cest une erreur très-grave.

Non, il ne faut pas faire rétrograder lindustrie pour rétablir son niveauavec lagriculture -, non, il ne faut point que lindustrie sabaisse : il faut quelagriculture sélève; il faut quelle se mette au plus tôt en mesure de four-nir aux manufactures les moyens de se maintenir dans leur prospérité, touten sagrandissant elle-même.

La situation de notre agriculture est telle, nous sommes à cet égarddans un état dinfériorité tellement honteux, la carrière de progrès ouvertedevant nous est tellement vaste, que le résultat que jindique est parfaitementpossible.

Eh bien, par quelles voies peut-on y arriver? Il y en a trois : on peut yarriver ou par lenseignement, ou en donnant lexemple dune agriculturemeilleure que celle qui se pratique; et, enfin, par un ensemble de mesuresprises par le Gouvernement pour forcer, en quelque sorte, les agriculteurs