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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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pour la médecine, des médecins sans malades; pour lagriculture, des agri-culteurs sans culture.

Je ne veux pas cela pour la France; je ne veux pas quen formant descultivateurs dans les écoles, on vienne plus tard demander à lÉtat de leurdonner des fermes à exploiter.

Un des grands motifs, dit-on, pour former des écoles est la nécessitédappeler la population des villes dans les champs. Eh bien,.il y a desparadoxes qui, à peine lancés dans le monde, prennent la force de lavérité, parce que personne ne prend la peine de creuser le fond des chosespour découvrir cette vérité.

Certes, si lon veut empêcher lagglomération de la population sur cer-tains points, si lon veut empêcher les industriels dencombrer certainesvilles, tout le monde sera daccord avec nous pour tâcher, soit par les droitsdoctroi, soit par les patentes, soit par dautres lois, de faire refluer dans lescampagnes ces populations qui viennent s'engouffrer dans les villes, et qui,dans certains moments, donnent de si graves soucis aux administrations.Mais si vous voulez combattre directement le courant qui porte la popu-lation des campagnes vers les villes, vous irez voug attaquer à un obstacleimpossible à vaincre.

Il nest personne de nous qui ne connaisse quelques villes considérables :comptez-y les médecins, les avoués, les notaires, les huissiers, les négo-ciants, les neuf dixièmes au moins viennent de la campagne. Pourquoi? lesstatistiques vous le diront, cest que les populations des villes séteignentnécessairement, et après trois générations au plus, quand elles ne vont passe retremper au sang pur de la campagne. Nempêchez pas un mouvementqui est indispensable. Et ensuite, quand vous aurez appelé les populationsdans les campagnes, croyez-vous quil ny aura pas un danger si lagricul-ture ne peut pas leur donner le travail quelles viendront lui demander?Voilà je voulais arriver ; je nie formellement quil y ait dans les cam-pagnes absence de bras suffisants.

Quelques membres. Cest vrai!

Le citoyen Amable Dubois. Je le nie, parce quil y a plusieurs mois delannée les bras sont trop nombreux; il y a un chômage forcé; je le nie,parce que, sil y a certains moments les bras manquent dans les cam-pagnes, comme au moment de la moisson, au moment du sarclage, celaest inévitable; et quand même vous appelleriez une population nombreuse