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d’ouvriers industriels dans les campagnes, cela ne vous donnerait pas plusd’ouvriers agricoles.
Et puis, remarquez que les progrès incessants de l’agriculture tendent àdiminuer dans les campagnes le nombre des bras nécessaires. (Réclama-tions.) C’est vrai!
Ainsi, notre honorable collègue, M. Dezeimeris, nous a prouvé qu’ilfallait substituer un nouveau mode de culture à l’ancien mode, qu’il fallaitfaire beaucoup de prairies; eh bien! quand vous aurez beaucoup de prai-ries, soit naturelles, soit artificielles, vous aurez moins de culture en cé-réales, et ayant moins de culture en céréales, vous aurez besoin de beau-coup moins de bras.
Quand les semis en ligne auront été adoptés, comme ils tendent à l’être,le sarclage se fera par des instruments, et alors encore vous aurez besoinde beaucoup moins de bras.
Quand vous aurez des machines à battre les grains, que ferez-vous detous ces bras employés aujourd’hui à battre les céréales, si vous augmentezle nombre des ouvriers agricoles?
Et puis, remarquez une chose: on désire rappeler les habitants desvilles dans les campagnes, mais à une condition, c’est que l’industrie les ysuivra. Eh bien, il est constant que les industries qui se pratiquaient à do-micile dans les campagnes, concurremment avec l’industrie agricole, s’envont tous les jours. Quelle a été la cause, malgré la puissance de l’agricul-ture en Belgique, de la ruine de ce pays? c’est la substitution de la filature dulin à la mécanique à la filature à la main. Toutes ces populations des cam-pagnes de la Belgique qui trouvaient, pendant l’hiver, un léger salaire dansla filature à la main, salaire qui venait accroître les profits de l’agriculture,toutes ces populations se trouvent réduites à la misère, parce que ce salaireest venu à leur manquer.
Eb bien, c’est le sort qui attend les campagnes où vous appellerez lesouvriers industriels, lorsque le salaire industriel viendra à leur manqueravec les industries établies dans les campagnes, lorsque la mécanique vien-dra se substituer aux bras de l’homme de toutes parts; vous ne manquerezpas de bras alors, vous en aurez beaucoup trop.
Voilà un danger qui a été signalé, et qui fait que je m’oppose à ce qu onenvoie dans les campagnes plus de bras que nous n’en avons besoin.
D’ailleurs le salaire, le prix de la main-d’œuvre n’est-il pas toujours là
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