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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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douvriers industriels dans les campagnes, cela ne vous donnerait pas plusdouvriers agricoles.

Et puis, remarquez que les progrès incessants de lagriculture tendent àdiminuer dans les campagnes le nombre des bras nécessaires. (Réclama-tions.) Cest vrai!

Ainsi, notre honorable collègue, M. Dezeimeris, nous a prouvé quilfallait substituer un nouveau mode de culture à lancien mode, quil fallaitfaire beaucoup de prairies; eh bien! quand vous aurez beaucoup de prai-ries, soit naturelles, soit artificielles, vous aurez moins de culture en cé-réales, et ayant moins de culture en céréales, vous aurez besoin de beau-coup moins de bras.

Quand les semis en ligne auront été adoptés, comme ils tendent à lêtre,le sarclage se fera par des instruments, et alors encore vous aurez besoinde beaucoup moins de bras.

Quand vous aurez des machines à battre les grains, que ferez-vous detous ces bras employés aujourdhui à battre les céréales, si vous augmentezle nombre des ouvriers agricoles?

Et puis, remarquez une chose: on désire rappeler les habitants desvilles dans les campagnes, mais à une condition, cest que lindustrie les ysuivra. Eh bien, il est constant que les industries qui se pratiquaient à do-micile dans les campagnes, concurremment avec lindustrie agricole, senvont tous les jours. Quelle a été la cause, malgré la puissance de lagricul-ture en Belgique, de la ruine de ce pays? cest la substitution de la filature dulin à la mécanique à la filature à la main. Toutes ces populations des cam-pagnes de la Belgique qui trouvaient, pendant lhiver, un léger salaire dansla filature à la main, salaire qui venait accroître les profits de lagriculture,toutes ces populations se trouvent réduites à la misère, parce que ce salaireest venu à leur manquer.

Eb bien, cest le sort qui attend les campagnes vous appellerez lesouvriers industriels, lorsque le salaire industriel viendra à leur manqueravec les industries établies dans les campagnes, lorsque la mécanique vien-dra se substituer aux bras de lhomme de toutes parts; vous ne manquerezpas de bras alors, vous en aurez beaucoup trop.

Voilà un danger qui a été signalé, et qui fait que je moppose à ce qu onenvoie dans les campagnes plus de bras que nous nen avons besoin.

Dailleurs le salaire, le prix de la main-dœuvre nest-il pas toujours

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