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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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perdu un homme que tout le monde regrelte, lexcellent M. Royer; maisà côté de lui, nous avons encore des hommes que je pourrais citer si je necraignais de blesser leur modestie, et qui viendront à votre aide si vous lesappelez.

Distribuez donc des livres dans les campagnes et des livres qui envi-sagent lagriculture sous ses differents aspects, car chaque canton, chaquecommune doit avoir son agriculture spéciale.

Une des grandes causes qui arrêtent les progrès de lagriculture, il fautle dire; cest le défaut dargent. (Cest vrai!) Cest la grande plaie. Etquand vous parlez de la routine des cultivateurs, savez-vous ce que cestque cette routine ? Cest le défaut dargent. (Cest cela ! Très-bien !) Lecultivateur connaît bien les nouveaux procédés, il connaît bien les progrèsque fait son voisin, il voudrait bien limiter; mais il na pas dargent pourle faire, et alors il dit: Jai peur du progrès; je ne veux pas sortir dusystème que suivait mon père, parce que je ne veux pas mexposer à desdéceptions.

Cest le défaut dargent qui nuit aux progrès de lagriculture. Savez-vous en sont nos cultivateurs cette année ! Savez-vous que pour payer les 45centimes plus dun cultivateur a été obligé de vendre la vache qui nour-rissait sa famille... (Bruit.) Vous en verrez les conséquences lan prochainpar la production agricole; vous verrez un grand déficit parce quil nyaura pas eu lengrais nécessaire pour un champ déjà fatigué.

Oui, Messieurs, le défaut dargent dans les campagnes est un des plusgrands maux de lagriculture.

Et pourquoi ny-a t-il pas dargent dans les campagnes, comme partoutailleurs? Cest lusure qui tue les campagnes. Savez-vous quel est le tauxmoyen de lintérêt, dans les campagnes? 8 , îo, 12 et 20 p. 0 / 0 ; et le petitcultivateur qui emprunte de quoi acheter une vache, un cheval 2 5o fr.,5oo fr., au bout de deux ans est exproprié, parce quil ne peut plus rem-bourser ce capital.

Je citais tout à lheure M. Royer. M. Royer a parcouru une grande partiede lEurope ; il a été partout il y avait des banques hypothécaires. Ehbien, qua-t-il reconnu ? Le principe quil a posé et qui est juste, cest quejamais le cultivateur qui emprunte de largent ne peut payer que par amor-tissement (cest cela !) ; jamais le résultat de lagriculture nestassez avanta-geux pour quil puisse rembourser un capital ; mais cest par le crédit foncier