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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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que nous sauverons les campagnes. (Approbation.) Je ne veux pas entamerla question aujourdhui. Mais je maintiens ce que jai dit, vous y arriverezbon gré mal gré, et peut être trop tard pour sauver le pays. (Mouvementsdivers.)

Je maintiens ce que jai dit; jattendrai que le débat souvre sur ce point,et je prouverai quon a créé des fantômes chimériques, ou quon a menti àses convictions quand , à propos du crédit foncier, on a parlé dassignats.(Très-bien!)

Voulez-vous protéger lagriculture? changez donc aussi vos lois dedouanes : faites que les matières premières que peut produire la Francesoient protégées assez pour pouvoir être créées avec avantage par les pro-ducteurs ; rendez par des primes, par des drawbacks, limpôt quon aura payésur les produits étrangers et qui seront réimportés, je ne demande pasmieux ; mais protégez toutes les matières premières que la France peutproduire. Nous achetons encore par an 60 millions desoie à létranger; cestune honte pour la France; nous achetons encore pour 3 o à 4o millionsdhuile à létranger; nous lui achetons aussi des matières textiles, et cepen-dant la France peut fournir tout cela. Vous avez dailleurs, une nouvelleFrance, la France doutre-mer, lAlgerie qui vous les donnera quand vousvoudrez.

Ainsi, messieurs, je vous citerai deux exemples, la laine et le lin.

La laine est protégée par un droit de 2 2 p. 0/0. Beaucoup de cultivateursont demandé que ce droit fût élevé à 33 p. 0/0. Je my suis toujours opposéet je my opposerai toujours. Les 22 p. 0/0 protègent suffisamment la laine,pourvu quils soient perçus ; faites que la préemption ne soit pas illusoire -,faites quil ny ait pas de connivence entre les douaniers et les marchandsqui, sans avoir lembarras daller chercher leurs marchandises à létranger,se les procurent moyennant une légère prime qu'ils donnent aux douaniers.Comme il ne faut pas que les cultivateurs sendorment dans une inertie cou-pable, dans une paresse que rien ne pourrait justifier, dites que, dans deuxou trois ans, le droit de 22 p. 0/0 sera réduit à 18; que, deux ou troisans après, il sera réduit à 14 ; forcez les cultivateurs à faire les progrès quilsne veulent pas faire.

Il faut dire la vérité : en effet, la plus grande partie des cultivateurs nefont pas la laine qui est nécessaire pour le commerce. Pourquoi? Parce