moyens très-utiles, que j’approuve, mais qui ne sont pas dans la questionmême ; celle-ci est assez vaste pour qu’on ne cherche pas à l’étendre encore.
Pourtant, à l’occasion du lin, il a dit une chose qu’en effet je me proposaisde dire dans une thèse contraire. Il a signalé ce fait particulier, que lesétrangers venaient acheter les lins produits en France, leur donnaient unecertaine préparation, et nous les rapportaient.
N’est-ce pas là la preuve que chez nos voisins, quoi qu’on dise, l’agricul-ture a prospéré parce qu’il y avait un enseignement agricole et un certainsavoir que nous ne possédons pas? C’est ce savoir qu’il faut répandre enFrance par des fermes-écoles. (Très-bien!)
Ainsi l’argument qu’on a énoncé tourne précisément dans un sens opposéà la signification qu’on voulait lui donner.
Maintenant, messieurs, le préopinant, qui ne veut pas de science, vous acependant parlé de bibliothèques rurales qu’on répandrait dans les cam-pagnes, et à l’aide desquelles la France arriverait à un développement im-mense de connaissances agricoles. A cela il n’y a qu’une'petite difficulté :c’est que, pour lire et pour comprendre un livre sur l’agriculture, il fautsavoir lire (on rit), il faut des connaissances que personne ne possède dansnos campagnes, et ainsi cette distribution de livres ne pourrait avoir qu’unrésultat, si elle en avait un (et j’espère quelle n’en aurait pas), ce serait defausser l’esprit des campagnards en leur faisant lire des choses qu’ils ne se-raient pas en état de comprendre. Ces bibliothèques seront utiles, maisquand, par l’enseignement répandu partout, vous aurez mis les personneauxquelles ces livres sont destinés, en état de les comprendre.
Un membre. Et de les lire.
Le citoyen de Tillancoart. Et de les lire, si vous voulez.
Je n’irai pas plus loin; je ne développerai pas la partie de l’enseigne-ment supérieur qui est faite sur une échelle restreinte, c’est-à-dire la pro-position de] l’institut unique, de l’institut dominant qui doit être établi à/ersailies, et des instituts régionaux, en très-petit nombre, dont la dépenseloit être très-minime, et dont l’influence doit se faire sentir d’une manièrecomplète.
Cependant je dois aborder une objection. On dit : vous manquerezl’hommes pour professer. Le préopinant vous le disait en l’appliquant auxTermes-écoles; alors il lui en fallait un nombre de cent vingt ou cent trente.Mais, du moment où l’on a établi que, pour les fermes-écoles, il n’est pas