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besoin de professeurs, mais seulement de praticiens , on reconnaîtra qu’il nefaudra de professeurs que pour les instituts régionaux, et nous connaissonstrop M. le ministre de l’agriculture pour savoir qu’il fera passer le savoiravant tout, et que vous auriez beau avoir fondé un certain nombre d’écoles,s’il ne trouvait pas un personnel suffisamment capable pour remplir lesfonctions que vous auriez créées, il ajournerait les nominations.
On disait : Il y a déjà en France un certain nombre de fermes-écolesétablies; il y en a eu vingt-cinq et on ne voit pas les résultats quelles ontdonnés.
Si on avait pris la peine de lire le projet et les renseignements qui ysont joints, on aurait vu que ces fermes sont fondées, pour la plupart,depuis une ou deux années; et, comme l’enseignement doit durer pendanttrois ans, il est très-difficile qu’on puisse en voir les résultats avant quel’enseignement n’ait été terminé. C’est comme si vous demandiez, aprèstrois ans, les résultats de l’éducation d’un collège, en interrogeant les élèvesqui ont dix ans à y passer.
Encore un mot de réponse à une autre objection. Mais votre projet,nous dit-on, arrive à l’improviste; il n’a pas.été étudié, il n’a pas été lon-guement élaboré, préparé. A ceci une réponse très-facile, c’est qu’il n’y apas une seule chose nouvelle dans le projet : le ministre, comme ministre,n’a rien créé; comme agriculteur, il s’est, pendant plusieurs années, mêlé àtoutes les réunions où se discutaient les intérêts de l’agriculture, et là ilavait concouru à la propagation et à la coordination d’idées qu’il cherche àréaliser depuis qu’il est ministre.
Je pourrais multiplier les citations. Toutes les réunions agricoles, sansexception, et auxquelles ont concouru plusieurs honorables membres quise trouvent sur ces bancs, ont reconnu l’utilité de tout ce qui est présentédans le projet; et je l’accepte, ce projet, dans son ensemble, parce que,encore une fois, il n’a rien de nouveau ; il est le résultat de tout ce qui a étéexpérimenté en France et même à l’étranger.
Un dernier mot en finissant. On vous a dit, en parcourant les diversesparties de l’Europe et même de l’univers, car on a été jusqu’en Amérique,que l’instruction agricole n’avait pas été développée.
Lisez les annexes du rapport, et vous y A^errez partout que l’agriculturey est d’autant plus perfectionnée que l’enseignement agricole y a été pluscomplet.