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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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nécessités à venir, que tous les Gouvernements en France, depuis Napoléon,en manquant à leur plus importante mission, ont été successivement ren-versés. Tant que les guerres de la république et de lempire ont entraîné, devictoire en victoire, une partie de la population sur tous les territoires delEurope, tant que lempereur a pu y prélever des impôts, le sol négligé dela France a suffire à nourrir ses habitants. Mais aussitôt que la paix estvenue favoriser le développement de la population, aussitôt que la rivalitéde lAngleterre et que sa concurrence industrielle et commerciale sont ve-nues déterminer lextension anormale de lindustrie manufacturière fran-çaise , linsuffisance des produits du sol ne pouvait manquer de se fairesentir, et, lagriculture demeurant à peu près stationnaire, lorsque la popu-lation allait toujours croissant, une crise industrielle et sociale ne pouvaitmanquer déclater; car, vous le savez, citoyens représentants, une révo-lution nest que lexpression et la traduction des besoins dun peuple etdune époque.

Si lamélioration de lindustrie agricole est la dépense la plus productive,la plus nécessaire; sil est reconnu que tant de bras inactifs , qui réclamentactuellement de lemploi, ne pourraient même pas suffire aux innom-brables travaux que demandent la mise en culture de nos terres incultes etlamélioration de celles qui sont imparfaitement cultivées, lagriculture nedevient-elle pas le meilleur moyen de résoudre la grave question socialequi nous occupe?

Félicitons donc le citoyen ministre de lagriculture davoir compris quecest en donnant une portée trop exclusive à lindustrie manufacturière,quon était parvenu à détourner de ses voies naturelles la répartition quidevrait toujours exister dans un État bien administré de lemploi et desforces du travail ; car lorganisation du travail est bien moins dans une nou-velle combinaison des lois qui lont régi jusquà présent, que dans la pro-portion et la pondération des industries entre elles, que dans léquilibrequon doit chercher à établir entre la production, dune part, et la con-sommation et les débouchés, de lautre.

La France sacrifie chaque année 20 millions environ pour sapprovi-sionner de grains à létranger dans les années ordinaires. Ne recueillant plusen céréales de quoi subvenir à sa consommation, elle doit donc commencerpar organiser la production agricole et la développer par tous les moyensqui sont en son pouvoir. Pour y parvenir, elle na pas besoin daller cher-