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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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cher des débouchés hors de son territoire ; bien différente en cela de la pro-duction manufacturière, pour laquelle il s’agit surtout d’ouvrir un écoule-ment suffisant à ses produits.

Si l’Angleterre a pu produire à elle seule plus d’objets manufacturésque toutes les autres nations, c’est que, constamment préoccupée d’établirles débouchés qui lui devenaient préalablement nécessaires, elle a habile-ment su, soit en fondant ses immenses colonies, qui lui offrent mainte-nant une population de plus de 110 millions de consommateurs, soit en or-ganisant une puissante marine, se créer les ressources qui nous manquentet inonder de ses produits les marchés des deux mondes.

Pour procéder par les mêmes moyens, il faudrait à la France des co-lonies qui fussent, proportionnellement à sa population, aussi considérables.Mais il n’en peut être ainsi ; bornée à quelques colonies seulement dont lapopulation ne s’élève pas à plus de 3 millions, elle ne possède égalementqu’une marine incomparablement plus faible, et elle est trop sage pourchercher à augmenter ses possessions coloniales par la guerre et la con-quête, dans le but de faire consommer ses produits. Ne devons-nous pas enconclure que, dans l’ordre économique, chaque nation a sa raison d’être,et qu’en France la surexcitation de la production manufacturière a étéirrationnelle et imprévoyante.

Si cette vérité semble démontrée, n’est-ce pas vers l’agriculture, n’est-ce pas surtout à l’améliorer, à hâter son développement progressif, quedoivent tendre tous nos efforts? Une partie de nos nouvelles coloniessont dans les défrichements et le dessèchement des immenses terrainsincultes et des nombreuses lagunes et étangs qui couvrent encore unepartie du sol de la France. Ce sont celles-là qu’il faut s’empresser d’ouvrirà nos nombreuses populations d’ouvriers sans travail, et c’est par là quevous parviendrez à équilibrer la production, la consommation, les besoins,le salaire, le travail et le capital.

Mais il faut, avant tout, que nous nous occupions de l’enseignementagricole, et particulièrement de l’instruction primaire et professionnelle.

L’agriculture est un art en même temps qu’une science, et, considéréeà ce point de vue, on sent quelle ne peut s’improviser, et qu’on ne de-vient bon agriculteur que par la pratique et l’étude suivie des principes quila constituent. C’est aussi ce qu’a senti l’auteur du projet dans les différentsdegrés d’enseignement qu’il a établis, et qui, en partant des procédés les

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