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plus simples et les plus pratiques, s’élèvent à ce que la science a de plusélevé. Comme la commission, j’approuve l’ordonnance, la division, l’or-ganisation hiérarchique et la mise en œuvre de tous ces éléments épars qui,depuis Sully jusqu’aux dernières tentatives du gouvernement déchu, étaientrestés à letat de projet, ou comme des institutions sans portée et sans ré-sultat.
Cependant, malgré le mérite incontestable que je meplais à reconnaîtreà ce projet, je n’y trouve pas cette élévation de vue que j’aurais désiré yrencontrer.
Jusqu’à présent, les institutions, tant subventionnées que non subven-tionnées, incomplètes et peu encouragées, se sont trouvées isolées les unesdes autres, sans lien qui les rattachât entre elles. S’il existait quelquesécoles de haut enseignement sur des fermes dites expérimentales et mo-dèles, ces fermes étant à la fois régies et par l’intérêt privé des action-naires fondateurs de l’entreprise, et seulement subventionnées par le Gou-vernement en ce qui touchait à l’enseignement, le mode de culture quiy était suivi n’ayant pu être établi ni pour l’enseignement lui-même, nipour l’expérimentation, ne pouvaient dès lors servir d’essai aux nouvellesthéories de la science, ou d’exemple et de modèle dans l’application desprincipes qui y étaient professés. Aussi, si ces écoles particulières de hautenseignement ont parfois produit quelques élèves distingués qui ont faitprogresser l’agriculture autour d’eux, combien ne s’en est-il pas trouvéen compensation qui, nourris seulement de théories vagues et mal diri-gées, privés de cette longue expérience, de cet art pratique, sans lesquelsil ne peut y avoir de bons agriculteurs, sont venus faire reculer le progrès,en offrant au bon sens de nos cultivateurs le déplorable exemple de leurruine !
D’un autre côté, le conseil royal d’agriculture, sans rapports immédiatsavec les autres institutions, resserré dans ses attributions, ne pouvait pro-duire tout le bien qu’on en aurait pu attendre; et les comices agricoles, sé-parés comme lui des autres institutions, n’ayant à leur disposition que ladistribution de quelques primes insignifiantes, sans moyens d’action, inca-pables d’imprimer, par un utile exemple, une impulsion nécessaire, n’ontpas tardé à épuiser leur zèle et leurs efforts, devenus bientôt impuissants.
Pourtant, je dois le déclarer, le décret qui nous est présenté, aussi bienque le travail de la commission, me semblent renfermer les mêmes vices.