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On ne produira jamais, à mon sens, qu’une œuvre incomplète, si on neconstruit toutes les parties d’un édifice qu’au fur et à mesure des besoinsdu moment : pour faire une œuvre durable et utile, il faut savoir prévoiret la soumettre avant tout à un plan général.
J’aurais donc voulu que les institutions, subventionnées ou non subven-tionnées, concourussent au même résultat, et que, venant se combinerdans un système unique qui les embrassât toutes, elles conservassent entreelles, à quelque degré quelles fussent placées, des relations incessantes qui,en les constituant hiérarchiquement et solidairement entre elles, les en-chaînassent étroitement en les faisant converger vers un but commun.
Je me serais donc attendu à voir figurer dans le même projet la créationdes conseils d’agriculture, prêtant aux institutions de l’enseignement leur con-cours, leur influence, leurs lumières, réunissant en quelque sorte en unseul faisceau toutes les forces vives de l’agriculture française, et entretenantainsi en relations continues tous ceux qui s’en occupent.
Il était de la plus haute importance de constituer fortement toutes lesinstitutions agricoles. Partout où il y aurait eu une école d’enseignement,j’aurais voulu y voir établir à côté un conseil d’agriculture, sous la directionduquel elle eût été placée, et qui eût ainsi trouvé près de lui tous lesmoyens de vérifier l’excellence des doctrines, la bonté des nouvelles mé-thodes, les avantages de certains procédés, au lieu d’en abandonner le soinà un directeur de ferme régionale ou de l’Institut national agronomique.Les questions les plus importantes, au lieu de se trouver renfermées dansle cercle de délibérations sans résultat et trop souvent stériles, en passantimmédiatement au creuset de l’expérimentation, soutenues par la garantied’impartialité d’un conseil, eussent pu, avec quelque autorité, entrer di-rectement dans le domaine de la pratique.
Les systèmes sans avenir, les idées irréalisables ou trop excentriques, ense trouvant condamnées à jamais, eussent préservé les esprits enthousiastesde toutes les erreurs causées par l’amour de la nouveauté, et dont l’un desplus grands inconvénients est de causer trop souvent la ruine des agricul-teurs qui les adoptent.
Ainsi, près de l’Institut national agronomique, le conseil national d’agri-culture ;
Près de la ferme régionale, un conseil consultatif d’agriculture;
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