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Près de la ferme-modèle de département, le conseil départemental d’a-griculture ;
Enfin, en admettant le projet de décret, près des fermes-écoles d’arron-dissement, les comices.
Puis tous ces conseils soumis au système d’élection.
Qu’on se figure maintenant tous ces conseils d’agriculture hiérarchique-ment échelonnés, attachés au* degrés correspondants de l’enseignementthéorique et pratique, entretenant la vie et le mouvement à l’aide de cettedouble organisation; correspondant entre eux; publiant des rapports surtoutes les expériences tentées, sur toutes les communications qu’ils auraientreçues; donnant des solutions pratiques et réalisables; tenant en relationscontinues les agriculteurs les plus éminents; centralisant toutes les forces,pour répandre ensuite sur toute l’étendue de la France leurs élaborations ;établissant enfin une statistique permanente avec des notions certaines,des chiffres positifs, et dont tous les éléments, depuis la commune jusqu’auxdépartements, viendraient se réunir et se consigner au sein du conseilagronomique, où le Gouvernement pourrait, à chaque instant, puiser tousles renseignements dont il pourrait avoir besoin sur l’état des approvision-nements, bien différents en cela de ces renseignements mensongers que lesanciens gouvernements recevaient de leurs préfets. Cette utile et indispen-sable organisation nous préserverait sans doute des dangers qui peuvent ré-sulter d’une insuffisance de récolte, d’une rareté inattendue de subsistance,ainsi qu’il est arrivé en 1847, et nos ouvriers, à jamais préservés dessouffrances inouïes qu’ils ont ressenties dans cette année, pourraient enfinespérer pour toujours le pain à bon marché.
Les sacrifices que cette année désastreuse a coûtés à la France ne peuventpas être évalués à moins de 5 oo millions de francs.
Revenant aux dispositions du projet de loi, je crains qu'en donnant àl’enseignement agricole une extension plus grande qu’il ne convient de lefaire, on ne s’expose à préparer de nombreuses et d’amères déceptionsaux jeunes gens qui se croiront appelés à suivre cette carrière. Si les élèvessortis des établissements particuliers de Roville, de Grignon et de Grand-Jouan, se sont, pour la plupart, vus forcés, faute d’emplois, d’embrasserd’autres professions, combien leur position 11e deviendra-t-elle pas encoreplus incertaine, lorsque vos nombreuses écoles les auront indéfinimentmultipliés.