Buch 
Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
Entstehung
Seite
405
JPEG-Download
 

405

Les inconvénients de ce développement démesuré de lenseignementne semblent-ils pas plus grands que le bien quon prétend produire ; si, enépuisant toutes les ressources dont on peut disposer, on nen réserve pasau moins une partie, afin de favoriser, par de fortes primes, la mise enpratique des principes quils y auront recueillis, et qui soient surtout ca-pables de les déterminer à prendre ferme dans leurs communes respectives,et à y porter lexemple dune agriculture perfectionnée, qui aura dautantplus dautorité pour les autres cultivateurs, que, sortis de leurs rangs,ils les auraient connus précédemment simples travailleurs comme eux ?

Il ne faut pas quon se le dissimule, tous les progrès de lagriculture, jele répète, ne sont pas dans la multiplicité des écoles. Nexiste-t-il donc pasaussi dans un grand nombre de communes de bons cultivateurs, qui, plussensés, plus réfléchis, plus observateurs, plus disposés que les autres àtenter quelques essais, méritent aussi dêtre encouragés ? Ny a-t-il doncnon plus rien à faire pour nos bons journaliers des campagnes, pour lesdomestiques de fermes, qui, par un travail assidu, par de plus grandssoins dans lexécution des ordres quon leur a donnés, ont aussi, eux, con-couru au progrès?

La promesse de primes suffisantes ne peut-elle pas également déterminer,dans la plupart des communes, une amélioration plus rapide de la cul-ture, souvent routinière, qui y est suivie, un accroissement proportionneldes plantes fourragères, ladoption ou le perfectionnement des procédésles plus utiles?

Nest-ce pas par lobservation des faits, par une activité incessante, parune bonne éducation, par une louable émulation, que, dans les pays debonne culture, les agriculteurs sont parvenus à rendre fructueux leurstravaux assidus, même l'agriculture était demeurée longtemps igno-rante et stationnaire?

Croit-on que, dans le département du Nord, et en Normandie, lagri-culture ait prospéré par dautres moyens, et que les écoles denseignementagricole et les fermes-modèles et expérimentales y aient été plus multi-pliées quailleurs ?

En multipliant trop les fermes-écoles et les fermes régionales, vousaugmentez démesurément les dépenses sans encouragement pour lintérêtprivé, et vous ajournez à trois ou quatre années le progrès que vous en