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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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successivement. Je veux bien donner au ministre les moyens de commencer il le jugera convenable, dans une certaine mesure que vous limiterez ;mais je veux que ce projet, mieux élaboré, soit soumis aux personnes quiy sont le plus intéressées, pour quelles puissent, avant que nous neladoptions, émettre leur avis.

Je demande lajournement.

Le citoyen Président. La parole est à M. le ministre de lagriculture.

Le citoyen Tourret, ministre de Cagriculture et du commerce. Citoyens,je crains bien que les derniers mots prononcés par lorateur qui descendde la tribune ne trahissent la piéoccupation qui le domine. Il craint queladministration des haras ne soit mêlée à celle de lagriculture. Je lui avaiscependant donné lassurance quil nen serait rien. Mais laissons cettesimple indication : je viens répondre à M. Luneau à un autre point devue. M. Luneau me paraît appartenir, en finances, à une école que, pourma part, je désapprouve.

Jugeons : vous dites que les conseils généraux doivent être consultés,parce quils doivent entrer pour beaucoup dans les frais dinstruction.Cette condition* je commence par vous déclarer que je ne la regarde pascomme vraie. Les anciennes Chambres ont commis de grandes fautes à cetégard ; et ces fautes furent précisément le résultat de la théorie que vousapportez ici.

Expliquons-nous. Lorsque, sous lancienne Chambre, on avait à voterdes centimes généraux pour lexécution de quelques lois réclamées parlopinion publique, on ne voulait pas le faire *. on craignait de se dépopu-lariser. Alors que faisait-on? On faisait appel aux autres corps constitués,aux deux autres puissances administratives ; on sadressait aux conseils mu-nicipaux et aux conseils généraux; on disait aux riches comme aux pauvres,à ceux qui navaient rien comme à ceux qui avaient beaucoup : Vous voulezde linstruction primaire, eh bien, exécutez la loi de 1 833. Conseils muni-cipaux! votez 3 centimes communaux; conseil général du département!votez î ou 2 centimes, et seulement, si cela ne suffit pas, le budget duGouvernement fera le reste.

On disait dans la loi de î 836 : Vous voulez des chemins de grande etde petite communication, faites-les : votez 5 centimes départementaux,votez 5 centimes communaux, avec la prestation en nature et en argent :ce sont toutes les ressources que nous pouvons vous donner.

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