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successivement. Je veux bien donner au ministre les moyens de commencerlà où il le jugera convenable, dans une certaine mesure que vous limiterez ;mais je veux que ce projet, mieux élaboré, soit soumis aux personnes quiy sont le plus intéressées, pour quelles puissent, avant que nous nel’adoptions, émettre leur avis.
Je demande l’ajournement.
Le citoyen Président. La parole est à M. le ministre de l’agriculture.
Le citoyen Tourret, ministre de Cagriculture et du commerce. Citoyens,je crains bien que les derniers mots prononcés par l’orateur qui descendde la tribune ne trahissent la pi’éoccupation qui le domine. Il craint quel’administration des haras ne soit mêlée à celle de l’agriculture. Je lui avaiscependant donné l’assurance qu’il n’en serait rien. Mais laissons là cettesimple indication : je viens répondre à M. Luneau à un autre point devue. M. Luneau me paraît appartenir, en finances, à une école que, pourma part, je désapprouve.
Jugeons : vous dites que les conseils généraux doivent être consultés,parce qu’ils doivent entrer pour beaucoup dans les frais d’instruction.Cette condition* je commence par vous déclarer que je ne la regarde pascomme vraie. Les anciennes Chambres ont commis de grandes fautes à cetégard ; et ces fautes furent précisément le résultat de la théorie que vousapportez ici.
Expliquons-nous. Lorsque, sous l’ancienne Chambre, on avait à voterdes centimes généraux pour l’exécution de quelques lois réclamées parl’opinion publique, on ne voulait pas le faire *. on craignait de se dépopu-lariser. Alors que faisait-on? On faisait appel aux autres corps constitués,aux deux autres puissances administratives ; on s’adressait aux conseils mu-nicipaux et aux conseils généraux; on disait aux riches comme aux pauvres,à ceux qui n’avaient rien comme à ceux qui avaient beaucoup : Vous voulezde l’instruction primaire, eh bien, exécutez la loi de 1 833. Conseils muni-cipaux! votez 3 centimes communaux; conseil général du département!votez î ou 2 centimes, et seulement, si cela ne suffit pas, le budget duGouvernement fera le reste.
On disait dans la loi de î 836 : Vous voulez des chemins de grande etde petite communication, faites-les : votez 5 centimes départementaux,votez 5 centimes communaux, avec la prestation en nature et en argent :ce sont là toutes les ressources que nous pouvons vous donner.
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