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On disait dans ia loi de i838 : Si vous sentez l’indispensable nécessitéde créer des maisons d’asile pour les aliénés, faites-les. Eh bien ! je vous dé-clare que c’était là... pardonnez-moi l’expression, elle est bien forte, c’étaitune lâcheté parlementaire. (Très-bien! très-bien!)
Le citoyen Lanean. Je demande la parole.
Le citoyen ministre. C’était une lâcheté parlementaire ! Vous n’osiez pasprofiter de tous les avantages de la centralisation; vous étiez dans une po-sition fausse, et, pour mon compte particulier, je vous déclare que je nesuivrai pas cette»tendance.
Et qu’importe que la commune, que le département payent l’impôtsous une forme ou sous une autre, la charge est la même; mais ce qui nedonne pas le même résultat, c’est la répartition après la centralisation autrésor de tous les centimes de tous les départements, ou l’emploi, parchaque département, de ses seules ressources. Quoi! un départementvotera 1 centime qui lui produira i3à 1 k, ooo francs, et il aura à pour-voir aux mêmes besoins que les départements du Nord, de la Seine-Infé-rieure, etc., où 1 centime vaut de 5o à 60,000 francs, et vous appelez celade la justice, de la bonne administration ! A mon sens, vous êtes dans lefaux. *
J’admets que vous puissiez consulter les conseils généraux sur la'loi quinous occupe, au point de vue de savoir si l’agriculture du départementréclame l’organisation que je propose, je le comprends; et à ceci je vousrépondrai que cette question n’est pas neuve, que le projet que je vousprésente n’est pas le résultat d’une nuit passée, le travail d’un moment àmon arrivée au ministère !
Je vais vous montrer les phases qu’il a suivies.
Lorsque j’ai eu l’honneur d’entrer au conseil général d’agriculture, j’aiappartenu à la commission qui en a jeté les fondements à cette époque.Les congrès centraux d’agriculture s’en sont préoccupés; toujours cettesolution est arrivée la même.
Dans les conseils généraux de i844 et de i845, j’avais l’honneur detreprésident de la commission qui a formulé le projet presque pareil à celuique je vous ai proposé.
Tous les agriculteurs sérieux ont été appelés à l’étudier à ses divers pointsde vue. Et pour vous le dire, je n’admets pas mieux votre argumentationrésultant de ce fait : vous allez créer un nombreux état-major ; c'est dans