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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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ce but que vous allez former vos écoles. Cest de largent que vous allezdépenser, rien de plus.

Evidemment, lorsquen 1 833 vous avez dit : Chacune des communesde France aura un instituteur, et qu'en même temps vous avez dit : cetinstituteur recevra une somme de.. vous saviez bien que vous gre-

viez le budget dune somme en raison directe du nombre des 35,ooo com-munes. Que faisons nous aujourdhui? La même chose. Nous disons : ilnest pas, comme en Angleterre, de grandes fortunes, de grands patriciens,qui puissent se charger de faire ce que fait lEtat. Plus vous entrerez dansla vie démocratique, plus vous sentirez lindispensable nécessité de faireque le budget vienne en aide à ce que faisaient anciennement les grandspropriétaires ou les congrégations. (Très-bien! très-bien!)

Ensuite il est évident, et permettez-moi de suivre cette idée, il est évi-dent que lassistance qui se faisait à la porte des couvents, qui se faisait,

t

mon Dieu! à la porte des seigneurs, cest au budget de lEtat à y pourvoir.Vous avez nombre de ces considérations que plus tard nous aurons à déve-lopper ici ; vous avez à pourvoir à cela.

Le grand propriétaire anciennement, en général, retirait ses grains, etles vendait lorsque les grains étaient plus chers; aujourdhui, avec le sys-tème des fermes très-divisées, avec de moins grands propriétaires, avec lanécessité pour chaque propriétaire de vendre sa récolte, vous aurez àpourvoir à ce fait de premier ordre, à ce que tous les ans il y ait à peuprès un même prix pour la juste rémunération du travail agricole ; ce serale moyen de se créer des ressources dans des anûées de disette, ce sera unmoyen de crédit sur dépôt de grains pour le cultivateur. Savez-vous celavous mène? A la question des entrepôts ; il ne faut pas dire : la difficulté estgrande; nous verrons si elle est grande, et nous laborderons, (Très-bien!très-bien!)

Je vous dis que vous nêtes pas dans le vrai, alors que vous nous repro-chez de surcharger le budget de lÉtat. Vous nêtes pas dans le vrai, alorsque vous rejetez, sur lindispensable nécessité des choses, des faits dont jene suis pas le maître.

Oui, il nous en coûtera de largent, évidemment; mais la question poli-tique est une question de premier ordre, et tout le monde le comprend.

Voulez-vous, oui ou non, venir en aide à lagriculture? Voulez-vous,oui ou non, vous en tenir à ces phrases banales quon répète toujours?

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