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(Très-bien! très-bien!) C’est aujourd’hui qu’il faut prendre un parti, il nefaut plus dire, Il faut faire; il faut dire : Cela va être fait.
Or, croyez-vous que le ministre de l’agriculture puisse marcher, avecune dotation pareille à celle que vous lui avez faite ? Évidemment c’estimpossible; c’est dire à un homme, marche, et lui couper les jambes; c’estlui dire, agis, et lui couper les bras. Une dotation plus considérable nousest indispensable ; il faut que le budget de l’État s’y prépare, afin qu’uneprotection efficace, de premier ordre, soit donnée à l’agriculture, afin quela terre 11e donne plus cinq ou six pour un, comme on l’assure, mais aumoins dix pour un. (C’est cela ! )
Si j’avais aujourd’hui une dotation aussi importante que celle qui estattribuée aux travaux publics; si j’avais 10 millions à distribuer en primes,mais je ferais employer Ao millions aux propriétaires, et avec ces 5 o mil-lions je pourrais produire 200 millions de richesses; oui, je dirai avecM. Dezeimeris que les primes peuvent produire un grand bien; parfaite-ment employées, les résultats peuvent être immenses, c’est une questionque nous aurons à traiter ensemble.
Oui, lorsqu’on emploie avec intelligence les capitaux confiés à la terre,les résultats peuvent être considérables, non pas dans des défrichementsdifficiles, car on ne retrouve au bout d’un certain temps que son capitalenfoui, mais dans les terres déjà cultivées, ne réclamant que les soinsd’assainissement, de bonne semence, de bonne culture, les résultats sontcertains. Oui, si vous me donniez quelque peu de ces capitaux, je ne diraipas prodigués aux travaux publics; je voudrais qu’il fût possible de leurconserver cette dotation; mais enfin, proportionnellement à l’agriculture,les travaux publics ont reçu une trop grande extension; et si vous m’endonniez quelque peu de ces capitaux, je ferais tous mes efforts pour fairefaire de notables progrès à notre agriculture, et ceci est politique au pre-mier chef, car je ne dis pas qu’il faut enlever aujourd’hui à l’industrie lesmains qui y sont employées pour les appliquer à des travaux agricoles quine leur conviendraient pas; mais je dis qu’il faut, avant tout, faire cesserl’attraction des villes sur les campagnes. (Très-bien!) Il faut l’empêcher,et vous ne l’empêcherez que par des mesures raisonnables de l’ordre decelles que nous vous proposons.
Je ne pense pas que l’Assemblée veuille faire la faute, il faut bien direle mot, de Retirer le projet. Ce serait un grand malheur dans les circons-