Buch 
Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
Entstehung
Seite
422
JPEG-Download
 

422

avoir peu à faire avec la discussion, et je prends cette discussion dans lestermes mêmes jai entendu M. le ministre de lagriculture et du com-merce la poser lui-même.

Je suppose, en effet, que toutes les dépenses des fermes-écoles, desécoles régionales et de lInstitut supérieur seront assurées par lEtat, etcest précisément à cause de ce quil en est ainsi que je viens combattre leprojet, ou avant, si lon veut, en proposer lajournement. (Non! non!)

Mais pour en proposer lajournement et en développer les motifs, ilmest impossible de ne pas entrer dans lexamen du projet lui-même, carjentends vous démontrer que ce projet, tel quil est présenté, il serait très-déraisonnable de ladopter et, par conséquent, de le voter aujourdhui.

Messieurs, si nous étions riches, si notre budget était dans un excellentétat, si nous navions pas besoin de recourir à des emprunts aux conditionsles plus onéreuses, si M. le ministre des finances était de ce côté aussi ras-suré sur les éléments de notre crédit que M. le ministre de lagricultureme paraît assuré de la nécessité de son projet, je ne voterais pas encore leprojet tel quil est présenté. Et, avant dentrer dans la discussion, quil mesoit permis de répondre tout dabord à une idée principale sur laquelleM. le ministre de lagriculture motivait tout à lheure les bienfaits que doitproduire ce projet, cest-à-dire lintérêt que doit y trouver la démocratie,Pas de doute que lidée du projet ne soit une pensée bienfaisante pour lagri-culture , par conséquent pour la démocratie; mais est-il vrai que les dépensesquil faudrait voter, à cause de ce projet, seront favorablement acceptéespar ce qui constitue en France la démocratie, spécialement par lhabitantdes campagnes, pour lagriculteur au profit duquel, dit-on, le projet doittourner. Quon me permette de ne pas être en cela daccord avec M. leministre, et de dire ceci :

Dans lavenir, sans doute, il y aura pour lagriculture un bénéfice possibleà ce que le projet soit mis à exécution; mais dans le présent il lui sera dé-favorable, car il faut ajouter à votre budget des dépenses nouvelles, ajouteraux impôts que nos agriculteurs trouvent lourds, bien lourds, ajouter ainsidans le présent et leur promettre encore des augmentations dans lavenir.

Si, de ce point de vue, on peut supposer que les agriculteurs, que lespaysans de nos campagnes trouveront le projet démocratique, on se trompeétrangement. Jappartiens à un pays qui sait compter (Sourires), mais quisurtout compte avec le présent.