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avoir peu à faire avec la discussion, et je prends cette discussion dans lestermes mêmes où j’ai entendu M. le ministre de l’agriculture et du com-merce la poser lui-même.
Je suppose, en effet, que toutes les dépenses des fermes-écoles, desécoles régionales et de l’Institut supérieur seront assurées par l’Etat, etc’est précisément à cause de ce qu’il en est ainsi que je viens combattre leprojet, ou avant, si l’on veut, en proposer l’ajournement. (Non! non!)
Mais pour en proposer l’ajournement et en développer les motifs, ilm’est impossible de ne pas entrer dans l’examen du projet lui-même, carj’entends vous démontrer que ce projet, tel qu’il est présenté, il serait très-déraisonnable de l’adopter et, par conséquent, de le voter aujourd’hui.
Messieurs, si nous étions riches, si notre budget était dans un excellentétat, si nous n’avions pas besoin de recourir à des emprunts aux conditionsles plus onéreuses, si M. le ministre des finances était de ce côté aussi ras-suré sur les éléments de notre crédit que M. le ministre de l’agricultureme paraît assuré de la nécessité de son projet, je ne voterais pas encore leprojet tel qu’il est présenté. Et, avant d’entrer dans la discussion, qu’il mesoit permis de répondre tout d’abord à une idée principale sur laquelleM. le ministre de l’agriculture motivait tout à l’heure les bienfaits que doitproduire ce projet, c’est-à-dire l’intérêt que doit y trouver la démocratie,Pas de doute que l’idée du projet ne soit une pensée bienfaisante pour l’agri-culture , par conséquent pour la démocratie; mais est-il vrai que les dépensesqu’il faudrait voter, à cause de ce projet, seront favorablement acceptéespar ce qui constitue en France la démocratie, spécialement par l’habitantdes campagnes, pour l’agriculteur au profit duquel, dit-on, le projet doittourner. Qu’on me permette de ne pas être en cela d’accord avec M. leministre, et de dire ceci :
Dans l’avenir, sans doute, il y aura pour l’agriculture un bénéfice possibleà ce que le projet soit mis à exécution; mais dans le présent il lui sera dé-favorable, car il faut ajouter à votre budget des dépenses nouvelles, ajouteraux impôts que nos agriculteurs trouvent lourds, bien lourds, ajouter ainsidans le présent et leur promettre encore des augmentations dans l’avenir.
Si, de ce point de vue, on peut supposer que les agriculteurs, que lespaysans de nos campagnes trouveront le projet démocratique, on se trompeétrangement. J’appartiens à un pays qui sait compter (Sourires), mais quisurtout compte avec le présent.