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rien; mais ce que je sais, ce que je dis à l’heure même, c’est qu’on nes’est occupé que d’une chose, à savoir, la nourriture, les frais personnelsde ceux qui seront préposés à l’école. S’est-on préoccupé de l’indicationdes autres dépenses, par exemple, de ce qu’il faudra faire et de ce qu’ilfaudra payer, et pour avoir la ferme et pour l’approprier ? Pas le moins dumonde, et, notez-le bien, il ne s’agit pas seulement de créer la ferme seule,avec tous les bâtiments qui seront propres au système d’agriculture qu’elleest destinée à faciliter et à développer, à enseigner, on veut encore, au be-soin, y ajouter une magnanerie, une raffinerie, une féculerie, une sucre-rie ; on veut y former des ateliers de perfectionnement et d’instrumentsaratoires, et aussi des ateliers pour faire des ouvriers habiles sur le char-ronage et la maréchalerie.
Voyez-vous toutes ces annexes à une école régionale, et, admirez le mi-racle! cela ne coûtera que 45,ooo francs par an. On nous l’expliquera,mais jusque-là on me permettra de dire qu’il faudra pour créer, dans lesconditions indiquées au projet, chaque école régionale, des centaines demille francs. A la vérité on n’en créera que vingt, on ne les créera pas im-médiatement, mais enfin o'n en veut vingt. Je ne veux pas ajouter de chiffres,mais si l’organisation d’une école régionale coûtedes centaines de mille francs,les vingt écoles coûteront des millions à ajouter au budget.
Je reviens à ce que j’avais l’honneur de vous dire : lorsque vous créereztous ces établissements, que vous les créerez avec l’argent des contribuables,avec l’argent de l’agriculture, qui trouve déjà trop lourds les impôts qu’ellepaye, croyez-vous que vous démocratiserez de plus en plus les sentimentsdes cultivateurs? Je reviens malgré moi sur cette question. M. le ministreen a fait une question politique; moi aussi, je la prends du côté poli-tique ; voulezvous que la République soit acceptée, soit désirée, soit béniepartout, vous n’avez, à l’heure qu’il est, au moment où je parle, qu’unmoyen pour cela, c’est d’apporter, au lieu d’un projet dont l’idée peut êtrebonne, mais qui ajoute un impôt, d’apporter, dis-je, les réductions les plussévères, non-seulement aux dépenses nouvelles, mais aux dépenses an-ciennes. Ce sera là ce qui fera admettre et bénir la République.
Oh! quand vous aurez obtenu ce premier résultat, résultat pour lequelchacun de nous a besoin dé faire des vœux et vers lequel il porte ses es-pérances, quand vous l’aurez obtenu, je comprendrai que chaque ministreapporte à l’Assemblée le produit des études qui auront pu être faites, et