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qu’il nous dise : La République doit faire autre chose que ce qui avait eulieu ; voilà un projet de loi, vous ne risquez rien de le voter; car il y a desressources et le pays ne se plaindra pas du surcroît de dépenses qui naîtrade l’exécution du projet. Mais vous commencez par la fin; et quand vousvoulez démocratiser, vous créez des résistances, des animations, vouscreez quelque chose de plus, peut-être, vous créez, par avance, des en-nemis.
Un projet comme celui que nous discutons, pour être utilement pré-senté à l’Assemblée, aurait besoin d’y arriver avec le concours d’une cer-taine expérience, expérience heureuse et utile.
Pourquoi, Messieurs, ce concours manque-t-il à ce projet? Parce qued’abord les anciens établissements de cette nature, comme je l’ai dit il y aun instant, n’ont pas prospéré, parce qu’on ne pourrait pas aujourd’huiétablir l’utilité sérieuse dont ils ont été au point de vue financier.
Etait-on donc tant pressé d’expériences nouvelles? Je réponds simple-ment, Non, et voici pourquoi: c’est que l’année même où nous sommes,c’est que depuis le janvier, et plus spécialement depuis le i er avril der-nier, seize écoles modèles ont dû être mises en expérimentation, et mêmeil y en a dix qui sont établies depuis le 1 er avril dans les départements del’Ailier, des Ardennes, de l’Aveyron, de la Corse, du Finistère, du Gers,de l’Indre, de la Loire-Inférieure, de Loir-et-Cher, etc.; on aurait doncbien pu attendre. Il y en a six autres qui ont été mises en activité depuis lei er janvier dans les départements de l’Oise, de la Sarthe, de la Haute-Vienne,de l’Yonne, de la Vienne, de la Corrèze.
Sait-on ce qui en résultera? Et si par aventure il allait arriver que si cequi a déjà été fait sur une aussi grande échelle, si ces essais allaient malréussir, est-ce qu’il ne serait pas sage d’ajourner, de s’arrêter? C’est en celaqu'il y a, selon moi, une utilité sérieuse, complète, d’ajourner le projet.
Je répète ceci : ce n’est pas comme ennemi des améliorations agricolesque je monte à cette tribune.
Et moi aussi, Messieurs, j’ai touché à l’agriculture; mais c’est parce quej’y ai touché que je sais combien les essais sont dangereux. Peut-être quej’ai manqué de capacité, j’en conviendrai, si l’on veut, sans aucune espèced’humilité; mais j’y ai touché, et beaucoup de mes amis, qui y ont touchéaussi, s’en sont mai trouvés.
Quand l’expérience n’a pas encore conclu d’une manière favorable, que