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doit faire un gouvernement sage, une assemblée qui veut le bien, le biendans de bonnes et utiles conditions? Elle doit attendre que ce qui fonc-tionne comme essai ait donné des résultats; elle doit ajourner pour lereste.
Je propose donc l’ajournement.
Le citoyen Hovyn-Tranchère. Citoyens représentants, l'honorable M. Bes-nard vient d’attaquer le projet qui vous a été présenté par M. le ministre del’agriculture, et amendé par la commission, avec les objections dont onpeut se servir contre tous les projets qui concluent par une demande decrédit. C’est la première fois depuis longtemps que l’agriculture vient àcette tribune demander à une assemblée qu’on fasse quelque chose pourelle.
Jusqu’à présent les assemblées sont restées muettes. (Non! non!)
Le citoyen Demesmay. Non pas muettes, les belles paroles n’ont jamaismanqué, mais les actes.
Le citoyen Hovyn-Tranchère. J’admets que les assemblées n’ont pas étémuettes, et j’accepte l’interruption; mais vraiment, lorsque les assembléesont répondu à l’appel de l’agriculteur, c’est à peine si elles lui ont donné ledenier de la veuve, et, comme le ministre vous le faisait observer tout àl’heure, le budget du ministère spécial de l’agriculture est réduit à des pro-portions indignes d’un pays qui, comme la France, renferme de si grandesrichesses agricoles. (C’est vrai! —Très-bien!)
Messieurs, une grande préoccupation a également dominé tout ce débat.Les personnes, et je suis de ce nombre, qui ne voudraient pas voir aug-menter dans le pays le nombre des fonctions publiques, sur lesquelles toutle monde se jette avidité, sous la République comme sous la monarchie(on rit), ces personnes ont cru voir surgir tout à coup une sorte d’état-ma-jor grassement appointé, et remplissant tant bien que mal la riche sinécureque vous auriez mise à sa disposition.
L’honorable M. Luneau est de cet avis. M. Luneau s’est élevé avec beau-coup de force contre l’éventualité de cet état-major. Cependant il auraitdû remarquer que l’état-major agricole est le mois attaquable de tous, carc’est un état-major modeste, un état-major laborieux et actif, presque tou-jours un état-major en sabots.
M. Tourret, en elfet, vous le disait avec raison, les directeurs desfermes-écoles ne sont pas les directeurs salariés et les sinécuristes de cer-