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taines administrations, c’est le propriétaire cultivateur lui-même. Eh bien,Messieurs, pour nous, qui avons fait quelquefois de l’agriculture autrementque dans un cabinet bien étolfé et bien commode, nous savons qu’alorsnous la faisons avec des sabots (bruit). Oui, Messieurs, c’est le seul moyenpratique de faire de l’agriculture, et de l’agriculture réelle et pratique.
( Très-bien ! très-bien ! )
M. Luneau craignait qu’il n’y eût beaucoup trop de concurrents pour cesplaces, et que l’on ne pût suffire aux demandes nombreuses qui, à toutmoment, viendraient encombrer l’antichambre du ministre de l’agricul-ture. Mais, par une contradiction singulière et que je cherche encore àm’expliquer, M. Besnard, adversaire également du projet, a déclaré et aprouvé, avec une lucidité de logique qui lui est du reste habituelle, qu’il n’yaurait meme pas une demande, et que personne ne voudrait de ces fonc-tions. Ainsi M. Luneau, d’un côté, craint de voir un état-major trop nom-breux, et M. Besnard, de l’autre, prouve de la manière la plus mathéma-tique et la plus complète que cet état-major ne sera même pas composéd’un officier. Je demande aux adversaires, avant d’attaquer ce projet, commeils semblent le faire avec les meilleures intentions du monde, et avec des rai-sons si péremptoires, suivant eux, de se mettre mieux d’accord, puisqu’ilsarrivent, en partant du même point de départ, à des conséquences si diffé-rentes , à des conclusions tout à fait opposées.
M. Besnard, en attaquant le projet, vous a fait entrevoir peut-être levéritable côté de la question. Il vous a dit que l’agriculture avait le droitincontestable de réclamer un encouragement sérieux et efficace; car, re-marquez-le, dans quelle proportion l’agriculture entre-t-elle pour tous lesimpôts directs et indirects? Dans une proportion énorme; et jusqu’à pré-sent rien n’avait été fait pour elle, jusqu’à présent la justice distributive,dans l’impôt, dans les subventions, n’avait pas été observée à son égard.M. Besnard avait donc raison de dire que ce projet n’est pas complet, etnous-mêmes, membres de la commission, nous croyons qu’il doit être ac-compagné d’autres mesures qui doivent en féconder l’action.
Oui, Messieurs, et permettea-moi, à cet égard, d’entrer dans quelquesobservations que je rendrai aussi brèves que possible, si déjà je n’ai pasabusé delà patience de l’Assemblée. (Parlez!)
Quels faits se sont passés, jusqu’à présent, dans la direction économiquede la fortune de la France? Où sont allés les encouragements? Où sont