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rester là sans cesse? Eh bien, est-ce là une position acceptable pour unhomme qui peut avoir aussi d’autres besoins, d’autres désirs, des jouissancesde l’esprit? Il n’y en avait pas ; il fallait se lever le premier et se coucher ledernier. V ous êtes dans le vrai en consacrant les premiers fonds à l’instruc-tion agricole.
Maintenant, permettez-moi un mot, parce qu’on a particulièrement malcompris ce que nous demandons dans la ferme-école; c’a été le gi'and argument de l’orateur qui a demandé l’ajournement.
Dans la ferme-école, que demandons-nous? A faire des agents de l’agri-culture. On a dit que c’était pour faire des contre-maîtres, des régisseursseulement. Nous voulons faire de simples agents qui soient constammentemployés dans les mêmes conditions que dans la famille. Et lorsque viendrala discussion, je prends l’engagement de démontrer que nous répondonsparfaitement à tous les besoins qui sont signalés dans l’amendement deM. Dezeimeris. Je ne veux pas entrer dans le fond de la questionne prendsici l’engagement de prouver que nous satisfaisons à tous les besoins, non-seulement dans la ferme-école, mais dans la ferme régionale. On vous a citédes nombres précis pour les fermes-écoles, pour les fermes régionales dontnous demandons l’établissement. Mais il est évident que tout cela est subor-donné aux besoins, aux circonstances. On avait voté, en 1 833, que toutesles communes de France auraient des écoles primaires après cinq ans ; ellesne les ont pas aujourd’hui. Voter le principe, voilà ce que nous vous de-mandons; et certainement quand il s’agira de les établir, les conseils géné-raux seront consultés jusqu’au moment où l’agriculture elle-même sera cons-tituée. Je vous ai parlé, dans l’exposé des motifs, des chambres consulta-tives d’agriculture ; le projet pour leur organisation n’est pas encore présenté,je vous en ai dit le motif. On ne sait pas s’il y aura un conseil d’arrondis-sement, ou s’il y aura des conseils cantonaux, rien n’est encore déterminé;mais en attendant que l’agriculture soit positivement constituée, c’est auxconseils généraux que nous aurons recours pour avoir à déterminer ce qu’ily a à faire dans chacun des départements. Encore une fois, tout ajourne-ment serait une chose fâcheuse, je n’entrerai dans ce débat qu’autant quela discussion générale continuerait; ainsi pour le moment je vous suppliede ne pas adopter l’ajournement.
Le citoyen President. La parole est à M. Guichard. (Aux voix! aux voix!)
On a toujours le droit de parler après un ministre.