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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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Le citoyen Guichard. Citoyens représentants, M. le ministre de lagricul-ture aura été bien mal servi dans ses intentions sil croit apporter à lassen-timent de lAssemblée un projet démocratique.

Ce projet est le projet le plus anti-démocratique qui ait été présenté àune Assemblée, et je le prouve. (Interruption.) Le caractère distinctif dela démocratie, cest légalité.

Je ne vois dans le projet de M. le ministre de lagriculture que le pri-vilège. Je le vois dans larticle 1 g ainsi conçu :

« A partir de lannée 1860, nul ne sera admis au concours comme candidataux fonctions de professeur dans une école régionale dagriculture, et nepourra obtenir une des chaires spéciales déconomie rurale et dagricultureà lInstitut national agronomique, ni être nommé inspecteur dagriculture,sil nest muni dun diplôme de lInstitut. »

Ainsi vous le voyez, on veut créer des bacheliers ès agriculture, on veutdes avocats agronomes (Hilarité); cest fort plaisant, mais ce nest pas démo-cratique. Ainsi, lhomme pratique qui aura fait ses preuves en dirigeant uneexploitation rurale dans laquelle il naura pas fait de lagriculture de dévoue-ment, lhomme qui aura fait ses preuves de cultivateur en établissant uneexploitation prospère, mais qui ne sera pas bachelier ès agriculture, quinaura pas obtenu un diplôme de votre institut, ne sera pas digne de pro-fesser.

Cet homme qui aura enrichi son canton, sil na pas le don de la parole,don dont on a sans doute raison de faire grand cas, il ne pourra pas êtreadmis à professer, parce quil nosera passe présenter dans un concours!

Le concours! voilà une épreuve quil faut réclamer lorsquil sagit dunechaire de philosophie, de droit ou de médecine, mais, lorsquil sagit deprofesser lagriculture, vous voulez exiger quon ait le don de la parole etvous appelez cela de la démocratie! Messieurs, cest du privilège tout pur.De tous côtés ce projet porte les caractères de laristocratie. De quel œilVerront les simples fermiers ces fermes-écoles? Les particuliers que vousaurez désignés pour être directeurs de vos fermes-écoles seront sans doutedes propriétaires qui sauront tenir une comptabilité régulière, qui pour-ront discipliner trente-trois élèves que vous mettrez sous leur domination.

Ainsi nous verrons dans nos départements, dans chacun de nos arron-dissements, un propriétaire cultivateur à qui on aura confié des ouvrierssalariés par lEtat, et à côté nous verrons des fermiers, payant difficilement

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