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leurs fermages, qui seront obligés de se servir d’ouvriers auxquels ils donneront 3 ou 4oo francs par an. Et vous appelez cela de la démocratie !
Et dans quel but imposez-vous ces charges nouvelles aux contribuables?Aux yeux des cultivateurs, ce sera pour créer des positions privilégiées. M. leministre de l’agriculture vient de le dire, c’est un moyen de créer des maî-tres-valets. Au profit de qui? Au profit des fermiers? Non , sans doute, maisau profit des grands propriétaires; et voilà ce que vous appelez un projetdémocratique !
On a parlé aussi de venir en aide à l’agriculture. Est-ce en augmentantles charges, en augmentant les impôts! Eh bien, ce n’est pas moi qui ré-pondrai à M. le ministre du commerce, c’est M. le ministre des finances.
Le citoyen ministre du commerce. Nous marchons d’accord avec le ministredes finances.
Le citoyen Guichard. Alors c’est M. le ministre des finances qui ne marchepas d’accord avec lui-même. (Rires et bruit.)
Je dis que si l’on se pénètre bien de la position où se trouvent les culti-vateurs, on verra que ce qu’il faut pour leur venir en aide, c’est de prendrela ferme résolution de n’admettre de dépenses extraordinaires que cellesqui ont pour objet de donner des armes à nos soldats ou du pain à nos ou-vriers. (Très-bien!) Au delà de ces deux sortes de dépenses, voter d’autresdépenses extraordinaires, ce n’est pas servir, c’est trahir les intérêts de l’a-griculture ; et je le dis, avec les paroles de M. le ministre des finances, queje vais vous citer, si vous voulez les entendre. (Interruption. — Assez!— La clôture ! )
De l’exposé des motifs présenté à l’Assemblée le 22 juillet dernier, il ré-sulte que lé budget de 1 848 se monte à 1,754 millions; que le budget dei 84 g se montera à 1,527 millions, en supposant réalisées des économieshypothétiques de 1 71 millions.
Eh bien, dans cette position, M. le ministre des finances vous signalaitla gravité des obligations qui vous étaient imposées. Voici ses paroles :
«Le budget de 18A9 se présente donc en équilibre; mais cet équilibrene sera maintenu que si le Gouvernement et l’Assemblée nationale s’inter-disent de la manière la plus expresse, après le vote du budget, toute pro-position qui entraînerait une dépense nouvelle. Quant à nous, nous résis-terons avec une constante énergie aux entraînements, quelque légitimesqu’ils puissent être d’ailleurs, qui pourraient engager le pays dans des dé-