Buch 
Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
Entstehung
Seite
442
JPEG-Download
 

442

leurs fermages, qui seront obligés de se servir douvriers auxquels ils donneront 3 ou 4oo francs par an. Et vous appelez cela de la démocratie !

Et dans quel but imposez-vous ces charges nouvelles aux contribuables?Aux yeux des cultivateurs, ce sera pour créer des positions privilégiées. M. leministre de lagriculture vient de le dire, cest un moyen de créer des maî-tres-valets. Au profit de qui? Au profit des fermiers? Non , sans doute, maisau profit des grands propriétaires; et voilà ce que vous appelez un projetdémocratique !

On a parlé aussi de venir en aide à lagriculture. Est-ce en augmentantles charges, en augmentant les impôts! Eh bien, ce nest pas moi qui ré-pondrai à M. le ministre du commerce, cest M. le ministre des finances.

Le citoyen ministre du commerce. Nous marchons daccord avec le ministredes finances.

Le citoyen Guichard. Alors cest M. le ministre des finances qui ne marchepas daccord avec lui-même. (Rires et bruit.)

Je dis que si lon se pénètre bien de la position se trouvent les culti-vateurs, on verra que ce quil faut pour leur venir en aide, cest de prendrela ferme résolution de nadmettre de dépenses extraordinaires que cellesqui ont pour objet de donner des armes à nos soldats ou du pain à nos ou-vriers. (Très-bien!) Au delà de ces deux sortes de dépenses, voter dautresdépenses extraordinaires, ce nest pas servir, cest trahir les intérêts de la-griculture ; et je le dis, avec les paroles de M. le ministre des finances, queje vais vous citer, si vous voulez les entendre. (Interruption. Assez! La clôture ! )

De lexposé des motifs présenté à lAssemblée le 22 juillet dernier, il ré-sulte que budget de 1 848 se monte à 1,754 millions; que le budget dei 84 g se montera à 1,527 millions, en supposant réalisées des économieshypothétiques de 1 71 millions.

Eh bien, dans cette position, M. le ministre des finances vous signalaitla gravité des obligations qui vous étaient imposées. Voici ses paroles :

«Le budget de 18A9 se présente donc en équilibre; mais cet équilibrene sera maintenu que si le Gouvernement et lAssemblée nationale sinter-disent de la manière la plus expresse, après le vote du budget, toute pro-position qui entraînerait une dépense nouvelle. Quant à nous, nous résis-terons avec une constante énergie aux entraînements, quelque légitimesquils puissent être dailleurs, qui pourraient engager le pays dans des-