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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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quer, dune part, leur peu dimportance, et, dautre part, combien ellessont contradictoires.

Les écoles, nous dit-on, sont inutiles; la science agricole se composeuniquement de faits pratiques; les agriculteurs se moqueront de vous et devos écoles; et, loin de vous remercier, regretteront amèrement largentinutilement dépensé. Navez-vous pas, ajoute-t-on, vu les savants à lœuvre?Y a-t-il une absurdité dont ils ne se soient rendus coupables? En est-il unseul qui nait réussi en peu dannées à se ruiner, lui et ceux qui se sont fiés àlui?

Tout ceci, Messieurs, est parfaitement vrai, et personne ne le reconnaîtplus que nous; mais quest-ce que cela prouve? Est-ce que toutes les sciencesdu monde ne sont pas le résumé de lexpérience? Est-ce que leur résultatnest pas de faire jouir les hommes du fruit des remarques, des observa-tions et des travaux des générations qui les ont précédés?

Seulement il en est, et lagriculture est du nombre, qui reposent sur desobjets tellement multiples, tellement variables, quelles ne sauraient uninstant rester purement spéculatives, et doivent constamment sappuyer surla pratique. Cest ce qui fait que les savants proprement dits y ont, jusquàce jour, si mal réussi.

Mais voyez un peu ce que nous proposons. Est-ce quil sagit de quoique ce soit qui ressemble de près ou de loin à de la science spéculative?En aucune façon. Cest de la routine, rien autre chose, mais de la routineéclairée. Cest de la pratique toute pure, mais de la pratique suivant lesméthodes reconnues les plus avantageuses. Ce sont les notions les plusvulgaires de la culture des champs et des jardins, de la connaissance desanimaux et des soins à leur donner. Mais, nous dit-on, si ce nest que cela,à quoi bon? tout le monde le sait. Je vous en demande bien pardon, toutle monde ne le sait pas. Certes je suis loin de nier que nous nayons un cer-tain nombre dagriculteurs des plus distingués; mais, à côté deux, quelleignorance, quels préjugés! Et jusque dans les contrées les moins arriérées,que de pratiques non-seulement ridicules, mais même dangereuses! que deconfiance accordée à lempirisme, à la sorcellerie, à linfluence de la luneet des étoiles! que sais-je enfin?

Eh ! Messieurs, sans doute il y a beaucoup, il y a trop dagriculteurs quine comprennent pas lutilité de lenseignement. Mais savez-vous quels ilssont? Ceux- même qui sont enfoncés dans lignorance la plus complète.