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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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Plus les hommes sont instruits, au contraire, et plus ils comprennentquils ont encore à apprendre et que linstruction est nécessaire. Et, à cetégard, Messieurs, quil me soit permis de le dire, nous avons un peu cedéfaut en France: cest de nous croire et de nous dire lélite de la création.Le Français, à nous entendre, est le peuple le plus spirituel de la terre-, ilen est le plus brave et le plus galant; il ne trouva jamais ni vainqueurs nicruelles. Tout cela est fox-t joli dans un vaudeville. Mais, dans la réalité,mon Dieu! nous sommes des hommes comme les autres; seidement, enagriculture, il faut bien le reconnaître, puisque cest la vérité, nous sommesen arrière de presque tous nos voisins.

En Angleterre , en Ecosse, en Belgique, en Allemagne, en Suisse, dansle nord de lItalie, partout, nous sommes distancés. Cest fâcheux à dire,mais la chose est ainsi. Hâtons-nous donc dy porter î-emède, et ce nest quepar la science que nous pouvons y parvenir; car la science, en ce cas, nestautre chose que linitiation à la pratique de nos voisins, sans attendre quunelongue expéiience vienne nous la faire deviner.

Quant aux moyens que lon nous donne comme préférables, savez-vousen quoi ils consistent? A donner les fonds à dépenser aux comices et socié-tés agricoles. Messieurs, nul plus que moi ne rend hommage aux intentionsde ces sociétés; sans avoir, comme plusieurs de nos collègues, lhonneurden avoir jamais présidé, jai eu du moins celui de faire partie de quelques-unes; et, dois-je le dire, ce nest pas toujours lélément agricole qui ydomine. On y trouve beaucoup de médecins, encore plus de pharmaciens,des avocats à foison, des magistrats de toutes les couleurs. Ai-je parlé desagriculteurs ? Je ne le crois pas : cest quelFectivement cest ce quon y voitle moins. On me dit que jexagère ; pas le moins du monde, Messieui-s. Est-ceque je nai pas connu des sociétés de ce genre, et des plus recommandables, tout le monde avait voix délibérative, à lexception des agriculteurs, quinavaient que voix consultative? En définitive, que fait-on dans ces comices?Beaucoup de phrases et peu de choses. Le président fait un discours, lesecrétaire lui répond, le rapporteur lui succède, quelque notabilité du lieuvient après; on distiibue quelques primes assez souvent contestées; puis unbanquet, et des articles de journaux. Franchement, je naime guère ni lesbanquets ni les discours; jaime encore mieux les écoles.

Et permettez-moi, Messieurs, de vous le rappeler, ce projet na pas étérédigé à la légère; cest un homme qui a consacré sa vie à lagriculture qui