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i’a conçu. Il s’est trouvé qu’à son talent d’agriculteur il joignait les qualitésde l’homme d’Etat; et, pour la première fois depuis des siècles, les destinéesde l’agriculture sont confiées à un agriculteur. Il est venu vous dire qu’ap-pelé depuis longtemps dans les conseils généraux, dans les congrès, dansles chambres législatives, il y a porté constamment l’idée d’améliorer lasituation de l’agriculture, et que tel était le résultat de ses réflexions. Cetravail a été soumis à l’examen d’une réunion de cultivateurs venus ici detoutes les parties delà France; et, Messieurs, je dis de cultivateurs, nonpas de salon ou même de comice, mais de cultivateurs sérieux, de culti-vateurs véritables. Ils y ont fait quelques légers changements, et l’ont dureste approuvé complètement. Sans doute ce n’est pas une raison pour l’a-dopter en aveugle, mais enfin c’est un motif pour ne pas le rejeter légère-ment et sans l’avoir étudié.
Je m’arrête pour ne pas abuser de vos moments, et vous prie de ne pasoublier qu’en agriculture, comme en toute autre chose, l’ignorance nesera jamais un moyen de faire de progrès, et que, lorsque toutes les autresindustries obtiennent le secours de l’étude et de la science, ce serait lahonte éternelle de la première assemblée républicaine de la France que del’avoir refusé à l’agriculture.
Un dernier mot pour vous faire remarquer la logique de nos adversaires.Ils prétendent qu’il ne nous sera pas possible de trouver de professeurs, eten même temps ils viennent soutenir l’inutilité de l’établissement destiné àles former; ils ne veulent pas fonder d’écoles, parce qu’il n’y a pas deprofesseurs; ils ne veulent pas former de professeurs, parce qu’il n’y a pasd’écoles. C’est là le raisonnement qui n’ajamais manqué au début de toutenseignement nouveau; mais vous l’apprécierez ce qu’il vaut.
Le citoyen Président. La parole est à M. Laussat.
Le citoyen Laussat. Messieurs, je suis de l’opinion de M. le ministrede l’agriculture. Certainement la question de l’enseignement agricole estune question éminemment politique.
Je ne voudrais pas suivre M. le ministre sur le terrain élevé où il 1 aplacée. Je n’ai qu’à me reporter au principe duquel il est parti pour enfaire le sujet de sa proposition.
M. le ministre a dit : Il s’agit de reporter dans les campagnes les popu-lations qui viennent nous embarrasser dans les villes, et il s agit surtout
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