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de produire à bon marché, afin de mettre les subsistances à la portée duplus grand nombre , au meilleur marché possible.
A côté du projet de M, le ministre, il y a un projet du comité, qui mesemble aller bien plus loin et nous promettre toute sorte de bonheur,
Je me contenterai, pour le moment, de discuter le projet de M. le mi-nistre , parce qu’il me paraît spécialement revêtu des formes simples etadministratives.
A la discussion des articles, viendra ce que je pourrais appeler le projetpédagogique, c’est-à-dire le projet présenté par le comité.
Un membre. Nous n’en sommes plus à la discussion générale, mais à ladiscussion des articles.
Le citoyen Laussat. Le projet de M. le ministre pose effectivement unproblème immense, celui de rappeler dans le sein des campagnes une po-pulation qui s’en échappe, parce quelle trouve ailleurs une rémunérationplus considérable de son travail et une rémunération plus assurée, ex-cepté dans les temps de crise. M. le ministre pense que, du moment oùvous aurez appelé les populations des villes dans les campagnes, vous aurezfait que la production agricole sera à meilleur marché, parce que ce seraune manière d’abaisser le prix de la main-d’œuvre, et, d’autre part, desubvenir à cet immense inconvénient, celui des crises commerciales.
Il me semble qu’il y aurait peut-être contradiction entre ces deux inten-tions ; il sera difficile que l’agriculture produise à meilleur marché en don-nant un salaire plus considérable, et, si vous ne parveniez pas à obtenir cetteélévation des salaires, constamment les populations de la campagne irontchercher des salaires plus élevés à la ville.
Maintenant quels seraient les moyens que proposerait M. le ministrede l’agriculture pour exécuter son projet et pour arriver à cet immenseavantage ? Les voici :
M. le ministre dit: établissez; tâchez d’établir partout des écoles profes-sionnelles; vous aurez créé la puissance intelligente, et alors vous serezmaîtres de tout.
Le citoyen de Tillancoart. C’est la discussion générale !
Une voix à droite. L’article premier ne parle que des fermes-écoles.
Le citoyen Laussat. J’arrive précisément à la satisfaction que M. de Til-lancourt réclame ; j’arrive à l’article premier. Il était nécessaire de bien dé-velopper l’idée qui avait présidé à la création du projet de M. le ministre