— 463 —
et qui pourra s’accroître dans une mesure qu’il est impossible de préciseraujourd’hui, car M. le ministre de l’agriculture vous déclare, dans sonexposé des motifs, que les établissements qu’il vous propose de fonderpourront suffire seulement pour quelque temps encore. Ce sont les expres-sions mêmes dont il s’est servi.
Je crois donc que ce projet, et sous le rapport financier, et sous le rap-port agricole, est digne de la plus sérieuse attention de l’Assemblée.
Je ne protesterai pas ici, Messieurs, de mon dévouement à l’agriculture,d’abord parce que je crois en avoir donné déjà quelques preuves, et, ensecond lieu, parce que ce sentiment n’a chez moi absolument rien de mé-ritoire, les intérêts de l’agriculture étant liés de la manière la plus étroiteà mes intérêts personnels.
Je ne traiterai pas toutes les questions que peut soulever ce grand sujet,l’enseignement agricole ; je me bornerai à l’examen du système spécial qu’aconçu M. le ministre de l’agriculture, et qu’il vient vous soumettre. Et,pour indiquer immédiatement quelle est ma pensée sur les diverses partiesde ce projet, qui se trouve résumé dans l’article 1 or , je dirai que, suivantmoi, les fermes-écoles pourront produire un peu de bien, mais un bienqui sera, à mon sens, beaucoup trop chèrement payé.
Quant aux instituts régionaux, je crois qu’ils seront, pour les jeunes gensqu’on y enverra, des écoles déplorables. Les leçons que ces jeunes gens yrecevront ajouteront beaucoup aux chances d’insuccès et de ruine qui lesattendent dans leur carrière.
En ce qui concerne l’institnt supérieur, je n’ai rien à ajouter à ce qui a étési bien dit par l’honorable M. Laussat. On pourra bien y former de res-pectables professeurs ; mais il me paraît fort étrange que l’on ait, commel’a dit M. le rapporteur, la pensée de créer des Cuvier et des Laplace. Jecrois que ces grandes, ces superbes intelligences naissent comme il plaîtà la Providence, ici ou là, dans un temps ou dans un autre, mais quellesnaissent et se forment toujours sans intervention et sans brevet du Gou-A^ernement.
Un membre. Il faut au moins qu’on leur apprenne à lire.
Le citoyen Buffet. Permettez-moi de prouver très-brièvement ces troisassertions.
Parlons d’abord des fermes-écoles. Ces fermes sont destinées à formerdes manom T riers agricoles, tout au plus des contre-maîtres. Eh bien, je