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vous le demande, je le demande aux hommes les plus étrangers à l’agri-culture , aussi bien qu’à ceux qui sont quelque peu initiés à ses pratiqueset à ses besoins, quelle est, aux yeux de tout homme de sens, la meilleureécole professionnelle pour les ouvriers agricoles? C’est évidemment uneexploitation bien dirigée, une exploitation oii toutes les opérations sontconduites avec soin et intelligence.
Et le ministre de l’agriculture et la commission sont complètementd’accord avec moi sur ce point, car ils ne vous proposent pas, remarquez-3e bien, de créer la ferme-école de toutes pièces; ils vous proposent de vousadresser tout simplement, dans chaque arrondissement ou dans chaquedépartement, au meilleur ou à l’un des meilleurs cultivateurs, et de lecharger de la ferme-école. *
Or, remarquez bien ceci : avant que vous ne fussiez intervenus, cetteferme, cette exploitation était déjà par elle-même une excellente école pourles ouvriers qu’elle employait; après votre intervention, qu’y aura-t-il dechangé?
Voici précisément à quoi se réduira le changement. Vous aurez dit à cecultivateur : L’État vous donnera un traitement, l’État se chargera dupayement de vos ouvriers, à deux conditions : la première, que vousvoudrez bien leur donner quelques explications sur les opérations qu’ilsexécutent, et la seconde, que vous renouvellerez annuellement et par tiersvotre personnel.
Voilà, si je ne me trompe, à quoi se réduit exactement le changementque vous apportez dans cette forme.
Je me demande si cette mesure, ainsi comprise, et on ne peut pas lacomprendre autrement, est exécutable et si elle est avantageuse.
Est-elle exécutable? Je crois que, si «vous vous bornez à imposer aucultivateur auquel vous vous adressez les deux conditions que j’indiquaistout à l’heure, en laissant d’ailleurs ce cultivateur aussi indépendant chezlui qu’il l’était auparavant, aussi absolument maître du choix de son per-sonnel, non-seulement des employés, mais encore des ouvriers devenusdes élèves ; si vous ne le soumettez à aucune de ces formalités de contrôle,de surveillance, appareil que les administrations traînent toujours aprèselles ; si vous l’affranchissez de toutes ces entraves qui sont incompatiblesavec toute exploitation agricole dirigée en vue d’un prolit, je crois, pour;snon compte, et je le déclare loyalement, que la mesure est exécutable