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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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et que vous trouverez de bons cultivateurs disposés à accepter vos offres.Mais remarquez que, pour agir ainsi, et je suppose que M. le ministre delagriculture aura assez de clairvoyance et dénergie pour agir ainsi, ilfaudra vous montrer infidèles, très-heureusement infidèles aux procédés,aux habitudes et aux tendances des administrations dans tous les pays, danstous les temps , sous toutes les formes de gouvernement.

Quoi quil en soit, jadmets que vous ferez cela, et je me demande si lamesure sera avantageuse.

Chacune de ces fermes-écoles vous coûtera annuellement i5,ooo francset vous fournira dix ouvriers agricoles dix ouvriers qui auront, je veuxbien ladmettre, un peu plus dhabileté et dintelligence que ceux de leurscamarades qui nauront point reçu les leçons des fermes-écoles.

Voilà, en dernière analyse, à quoi se réduit le produit sous le rapport' de linstruction de la ferme-école : vous avez tous les ans dix ouvriers unpeu plus intelligents, un peu plus capables, et cela vous coûte 1 5,ooofrancs;cest-à-dire que, si vous établissez une ferme-école par arrondissement, eten supposant vos trois cent soixante-six fermes-écoles existant aujourdhui,fonctionnant aujourdhui, il faudra plus de dix ans pour quil y ait danschaque commune de France un ouvrier sortant dune de ces écoles; et sivous vous bornez, comme le demande la commission, à nen établir, aumoins provisoirement, quune seule par département, il vous faudra undemi-siècle pour arriver à ce résultat.

Eh bien, Messieurs, quest-ce que cest que ce résultat? Je dis que cenest presque rien; je dis quun simple manouvrier, au milieu dune com-mune rurale, en le supposant plus capable, plus intelligent, plus habile queles autres ouvriers, ne peut exercer aucune influence appréciable sur lagri-culture de cette commune ; car il peut être placé sous la direction, sous lesordres dun chef dexploitation ignorant, incapable qui ne saura.pas luti-liser.

Si vous vouliez faire quelque chose dun peu sérieux, il faudrait, enquelque sorte, entreprendre léducation de tous les travailleurs agricoles,et, après avoir établi une ferme agricole par département, en établir unepar arrondissement, puis par canton, puis enfin par commune.

seriez-vous ainsi conduits ? LÉtat arriverait à se charger de léduoa-tion professionnelle de tous les ouvriers de lagriculture en France. Pen-dant trois, ans de leur vie, lÉtat se chargerait de leur entretien, et quand

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