— 466 —
vous aurez fait cela pour les ouvriers de l’agriculture, vous serez logique-ment obligés de le faire aussi pour les ouvriers de l’industrie; quand l’Étataura déclaré que son devoir, que sa mission est d’apprendre à certainsouvriers à tenir la charrue, à semer, à faucher, à tracer des rigoles d’irriga-tion , il sera forcément conduit à apprendre à d’autres ouvriers à tenir lalime et le rabot.
Pour mon compte, je suis effrayé de la portée des conséquences finan-cières de ce projet politique. Et si vous restreignez l’application de ces idéesdans des limites raisonnables, le résultat que vous obtenez est presque nul.
Ab! si au lieu d’un simple manouvrier agricole, qui dépend exclusive-ment du chef d’exploitation sous les ordres de qui il est placé, si vouspouviez faire en sorte qu’il y eût dans chaque commune un bon cultivateur,oh ! le résultat alors pourrait être fort différent et très-considérable. Par-tout où il y aura une ferme bien tenue, il y aura, par cela même, sanssubvention de l’État, une pépinière d’excellents ouvriers ; et un bon culti-vateur, un bon chef d’exploitation, peut exercer autour de lui sur l’agricul-ture de toute la contrée une influence très-considérable.
Eh bien, Messieurs, les fils des propriétaires cultivateurs n’iront pas dansnos fermes-écoles; vous ne pouvez pas espérer que des jeunes gens appar-tenant aux cultivateurs les plus riches d’une contrée, et ce sont ceux-làsurtout qui peuvent réaliser les améliorations, se réduiront au rôle desimples valets de ferme, et qu’ils viendront aux conditions que vous éta-blissez dans vos fermes-écoles.
Eh bien, Messieurs, que faites-vous pour eux? Vous leur ouvrez lesinstituts régionaux. J’examinerai tout à l’heure la valeur de cette institu-tion ; mais, avant de quitter les fermes-écoles, permettez-moi de donner uninstant la parole, à cette tribune, à un homme qui est assurément en agri-culture une des autorités les plus compétentes, Mathieu de Dombasle. Vousallez voir ce que pensait Mathieu de Dombasle, de cette idée de formerdirectement, et dans des écoles, de simples manouvriers agricoles; et jeprie l’Assemblée de prêter attention à ce passage, car la parole de Mathieude Dombasle aura naturellement beaucoup plus de poids que la mienne.
Voilà ce qu’il disait :
«D’ailleurs, sans nier absolument que des sujets ainsi formés puissentêtre utiles, il me semble que beaucoup de personnes s’exagèrent cetteutilité.