Les deux professeurs une fois trouvés, point de difficulté pour se pro-curer les autres qui se rencontreront nécessairement sur les lieux mêmes.
On a ajouté qu’on allait inonder le pays d’ouvriers qui ne pourront passe contenter du salaire ordinaire. Vous n’aurez jamais, je l’affirme, à re-douter un pareil inconvénient; car, dans dix-huit années d’ici, en admettantqu’on soit parvenu à établir une ferme-école par arrondissement, ce qui enconstituerait trois cent soixante-trois, vous n’aurez pas encore obtenu unélève pour chacune de vos trente-sept mille deux cent trente-quatre com-munes, et je vais vous le prouver.
Trois cent soixante-trois fermes-écoles pourraient tout au plus être éta-blies dans cinq ans. A trente-trois élèves chacune, dont un tiers seulement,après trois ans d’étude , sortirait chaque année, vous n’auriez annuellementque trois mille six cent trente sortants; il vous faudrait donc, indépen-damment des huit ans dont je viens de vous parler, dix années en sus pourvous donner un ouvrier instruit par commune.
Et, si vous n’aviez qu’une ferme-école par département, il vous faudraitprès d’un demi-siècle pour que chacune de vos communes soit douée d’unélève seulement.
Maintenant, examinez quels sont les besoins de l’agriculture, et dites-moisi vous pourrez les satisfaire complètement? Ne ressent-on pas, en effet,partout l’absence de ces agents intermédiaires entre le propriétaire et lapropriété? N’éprouve-t-on pas partout la nécessité d’avoir des métayers etdes fermiers plus éclairés. L’agriculture, enfin, ne gémit-elle pas sous lamême souffrance sur tous les points du pays, et ne réclame-t-elle pas detoutes parts, et depuis longtemps, par les organes les plus vrais, les plusdévoués et les plus actifs, les bienfaits de l’instruction à tous les degrés pro-fessionnels ?
Relativement aux écoles régionales, je suis loin d’accepter l’opinion denotre honorable collègue M. Laussat, dont le discours, d’ailleurs plein d’es-prit, n’a point changé mes convictions; et je n’admets pas avec lui quel’agriculture du sud-ouest de la France soit tellement avancée, quelle n’aitplus rien à apprendre. En serait-il ainsi, que ce serait un motif de pluspour établir dans cette région une ou plusieurs de nos écoles régionales,qui ne pourraient être nulle part mieux placées qu’au sein d’une perfectionagricole qu’il serait bon de prendre au mot pour la importer, à titre d’ensei-gnement , aux départements plus arriérés.