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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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eux en sont réduits à ne pouvoir satisfaire que ies besoins les plus grossiers,comme sils vivaient dans les temps de barbarie et au milieu des nations lesplus indigentes! Vous obstineriez-vous donc à ne rien faire pour sortir uneclasse si nombreuse dun malheur sans terme et dun travail sans récom-pense !

Voilà, Messieurs, voilà les populations quon vous présente commenayant plus rien à désirer sous le rapport de la perfection de culture etde bien-être agricole. Voulez-vous savoir quelle est leur opinion sur leprojet qui vous est présenté ? Lisez le discours prononcé récemment parM. Boissière, président du comice des Landes, ancien élève de Roville : ilfélicite M. le ministre davoir présenté à lAssemblée nationale le magnifiqueprojet sur lenseignement agricole.

Les landes de Gascogne sont-elles donc les seules qui réclament si impé-rieusement votre sollicitude et les bienfaits du progrès et de linstructionprofessionnelle ? Et nest-il pas, sur divers points du territoire français, dansla Sologne, en Bretagne, dans le Berry et mille autres localités, des besoinsde même nature à satisfaire? Vous savez bien le contraire, vous tous, Mes-sieurs, qui avez été envoyés ici de tous les points du territoire de la Ré-publique , par les majorités agricoles, et qui reconnaîtrez aussi bien quemoi, jen suis sûr, la nécessité de réaliser le perfectionnement moral etintellectuel de nos populations rurales.

Quon ne vienne pas prétendre, par des suppositions erronées, quil sagitaujourdhui dune somme énorme ; et quon ne cherche pas, par un chiffreexagéré, à effrayer et à détourner les esprits.

Certes lagriculture na point été accoutumée à puiser si largement dansies coffres de lÉtat, et, bien quun de nos honorables collègues ait prétenduquen aucun autre pays du monde on navait autant fait de sacrifices pourelle, il voudra bien me permettre de ne point partager entièrement sonavis et de continuer à croire que jusquà ce jour lagriculture a reçu beau-coup plus de paroles que dargent. Oh! sans doute, les éloges ne lui ont pasmanqué : les historiens, les poètes, les philosophes, les économistes et leshommes dËtat lont plus ou moins pompeusement appelée berceau de lacivilisation ! premier des arts ! richesse des nations ! mère nourrice du genrehumain! source de toutes les vertus !.... Telle est la monnaie dont on sestservi jusquà ce jour pour faire le solde de la reconnaissance quon lui doit.

En 'rémunérant ainsi lagriculture, on a fini par la réduire à létat de