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MM. les ministres de l’agriculture et de la guerre; et c’est parce que nousavons eu leur complet assentiment à des conditions que je vais indiquer(et M. le ministre jugera sans doute à propos de prendre la parole sur cettequestion), que je me bornerai, pour faire connaître la portée de monamendement, à en donner lecture à l’Assemblée :
« Il sera institué trois écoles régionales en Algérie ( c’est-à dire une seulepour chaque province); elles seront établies et régies par le ministre ducommerce et de l’agriculture. Les dépenses auxquelles elles donneront lieuseront prélevées sur les crédits alloués au ministre de la guerre par le dé-cret du 19 septembre dernier. »
Ainsi l’Assemblée voit que, pour la création de ces écoles, il n’y a pasd’augmentation de fonds à voter.
C’est sur les 5 o millions votés pour la colonisation de l’Algérie que lestrois écoles seraient fondées.
Le citoyen Tonrret, ministre de l'agriculture et du commerce. Je né demandepas mieux que de voir établir en Algérie des fermes-écoles; mais je vousavouerai que je ne crois pas pouvoir accepter que cette modification soit in-troduite dans ce projet de décret. De la même façon qu’on propose de l’in-troduire pour l’Algérie, on va proposer, je crois, de l’introduire pour noscolonies. Le ministre de l’agriculture et du commerce n’a pas d’action di-recte ni à Alger ni dans nos colonies ; il faudrait donc des attributionsnouvelles; et voyez où vous vous engagez : à un conflit qui me paraît inévi-table; il en résulterait que les deniers de l’Etat pourraient ne pas s’en bientrouver.
Que demandez-vous? Vous demandez qu’un budget qui ressort du mi-nistère de la guerre passe entre les mains d’inspecteurs de l’agriculture pourêtre approprié à quelque chose de particulier à l’Algérie. Je vous avoue queje trouve là une espèce de confusion d’idées qui ne me rassure pas com-plètement. Je suis tout à fait d’avis qu’une ferme-école soit tentée à Algersur les fonds qui sont à la disposition de M. le ministre de la guerre. Sije puis donner quelque agriculteur capable, dans l’ordre d’idées qu’on dé-terminera, je ne demande pas mieux que de venir en aide; mais, encoreune fois, autant je voudrais voir la chose mise sous, la protection de M. leministre de la guerre, autant je crois qu’il est important de ne pas lemettre dans la loi que vous voterez tout à l’heure.