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Compte rendu de l'exécution du décret du 3 octobre 1848, relatif à l'enseignement professionnel de l'agriculture / Ministère de l'Agriculture et du Commerce
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Je dis, Messieurs, que l’Assemblée se trouve, pour l’examen et pour l’ap-préciation de cette loi du 3 octobre i8ù8, dans une situation absolumentsemblable à celle où elle s’est trouvée à cette époque, qu’il n’y a ni une seuleraison pour, ni une seule raison contre, qui n’ait été produite alors. Eneffet, Messieurs, ce décret soulevait deux questions : une question d’argentet une question de système. Quant à la question d’argent, il me paraît évi-dent que, si, il y a six mois, l’Assemblée nationale a jugé dans sa sagessequelle pouvait consacrer à l’enseignement agricole, en i848, une sommede 2,5ooo,ooo fr., en 18/19, ^ es circonstances n’ont pas dû modifiercette persuasion, la situation du trésor s’étant singulièrement améliorée.

Quant à la question de système, il me semble aussi qu’il n’y a rien dechangé. Je comprendrais parfaitement que les membres qui ont voté le dé-cret du 3 octobre 1848, dussent vous dire un jour : l’expérience m’a éclairé ;mais l’expérience n’a pas eu lieu encore.

Que dit la commission ? Nous ne demandons pas l’annulation du décret,nous demandons que l’exécution de ce débret soit ajournée dans certainesde ses parties; qu’on se borne, quant à présent, à l’établissement desfermes-écoles, et qu’on ajourne la création des instituts régionaux et del’institut de Versailles.

Eh bien, Messieurs, je dis que les raisons sus lesquelles on se fonde (etje laisse toujours de côté le fond même de la question qui sera, je crois,débattue par d’autres orateurs), je dis que le principe de la loi une foisadmis, les raisons sur lesquelles on se fonde pour demander cet ajourne-ment, n’ont aucune valeur.

On vous dit : attendez, pour fonder vos instituts, que les fermes-écoles,ayant fonctionné pendant quelques années, vous aient donné un certainnombre d’élèves ; attendez, pour créer l’institut de Versailles, que les insti-tuts régionaux aient à leur tour fourni leur contingent. Mais sur quoi re-pose l’objection? Sur une fausse analogie entre l’enseignement agricole etl’enseignement littéraire ; sur cette idée , que le même élève doit passersuccessivement de la ferme-école dans l’école régionale , et de l’école -régionale dans l'institut de Versailles. Il n’en est rien. Ces trois classes d’é-tablissements répondent à des catégories absolument différentes d’élèves,de telle sorte qu’une faible partie seulement des élèves qui iront dans lesfermes-écoles passeront dans les instituts régionaux, et que la plupart desélèves qui iront dans les instituts régionaux n’auront jamais passé par les