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pour avoir une bibliothèque, pour avoir vos cabinets de chimie et de phy-sique , il vous faudra aussi des fonds.
Le citoyen Ministre. Les bâtiments existent.
Le citoyen Dezeimeris. Ils existent ! mais il faut les approprier. Il existe àVersailles beaucoup de bâtiments, il en existe un si grand nombre quevous ne savez pas encore quel sera celui où vous voulez vous établir; vousêtes encore dans l’incertitude si ce seront les écuries de Versailles quiserviront de siège à votre établissement.
Encore une fois, les sommes que nous mettons à la disposition du mi-nistère suffiront, et pour la liquidation de ce qui est déjà fait dans l’en-treprise , et pour commencer, sinon pour achever les constructions et lesappropriations des locaux nécessaires, soit pour les établissements de cul-ture, soit pour les établissements d’enseignement.
La réduction de 1 ,/ioo,ooo francs, proposée parla commission, seraitdonc ramenée au chiffre de 1,200,000 fi\; ce serait ainsi 200,000 francsd’une part, 35 o,ooo francs de l’autre, c’est-à-dire 55 o,000 francs avec les-quels on pourrait faire, d’après l’avis de la commission, tout ce qui estnécessaire de faire dans le courant de l’année 18/19. (Am 1 voix! aux voix!)
Le citoyen Richard (du Cantal). Citoyens représentants, je viens combattrela réduction de la commission, mais je crois que nous avons discuté dansune sphère un peu trop élevée en théorie. Descendons aux faits pratiques,et quand nous les aurons étudiés ensemble, je crois que vous ne serezplus avec la commission.
Messieurs, l’industrie agricole est essentiellement la plus arriérée; etpourquoi? Examinons ensemble ce qui se passe dans nos campagnes. Voussavez que toutes les petites industries ont un apprentissage : le petit cor-donnier envoie son fils à la ville pour étudier son métier; le petit forgeron,le petit maréchal-ferrant; le charron, tous ces gens-là envoient leurs en-fants chez un collègue plus intelligent qu’eux, qui sait mieux son métier; etquand ces enfants le connaissent, ils font leur tour de France, de sortequ’ils sont beaucoup plus instruits à leur retour qu’à leur départ.
Eh bien, dans l’agriculture cela se pratique-t-il? Allez chez un de noscultivateurs, croyez-vous qu’il enverra son fils chez son voisin, qui en saitplus que lui? Non, il n’enverra jamais son enfant chez son voisin, parcequ’il croit qu’iljen sait beaucoup plus que son voisin. Cela se perpétue del’un à l’autre, et jamais l’enfant n’est envoyé en apprentissage. M. de Tracy