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disait l’autre jour à cette tribune, avec beaucoup d’esprit, que les enfantsne veulent plus suivre la carrière de leur père, ne veulent plus être cul-tivateurs. Ils viennent à la ville, ils étudient un peu de grec, un peu delatin, pas beaucoup de français, et ils demandent des places. Et commentvoulez-vous qu’il en soit autrement? Examinez! Un cultivateur, qui a tra-vaillé pendant trente, quarante ans de sa vie, n’est pas plus avancé à la finde sa carrière qu’au commencement; quand il a un enfant, il l'envoie àl’école en disant: Je veux en faire un monsieur, car je ne veux pas quecet enfant soit toute sa vie malheureux comme moi. L’enfant va à la ville,et là il se livre à ceux qui veulent l’exploiter. Retenez-le à la campagne parl’instruction professionnelle, et vous ne l’aurez plus dans la ville.
La commission est de l’avis de l’Assemblée, quant aux écoles; elle com-prend qu’il faut créer en France l’enseignement mutuel, pratique, en ma-tière d’agriculture, qu’il faut qu’il y ait un apprentissage pour l’agriculture ,comme il y en a pour les autres industries. U y a les fermes régionales; sa-vez-vous ce qu’ori apprendra dans ces fermes régionales? la question de laproduction animale en France. Il n’y a pas un cultivateur, en France, pasmême un homme intelligent qui sache faire un animal. Nous savons très-bien comment respire un ciron au fond de la mer, mais nous ne savons pasfaire un kilogramme de viande. Voilà pourquoi le peuple soulfre. Eh bien,les hommes qui entreront dans les fermes régionales y apprendront à con-fectionner des animaux.
Il y a vingt-cinq ans que j’entends les ministres de la guerre, d’unepart, et les ministres de l’agriculture, d’autre part, nous dire, les uns,nous n’avons pas de chevaux pour l’armée, les autres, nous en avons trop.Il y a vingt-cinq ans qu’on dit cela. On a dépensé 60 millions pour savoirfêla, et on ne le sait pas encore aujourd’hui. En i 84 o, le ministre de lafuerre nous a dit qu’il ne trouvait pas, sur le pied de paix, à remonter seslanciers, ses dragons et son artillerie; le ministre de l'agriculture, au con-traire, nous a dit qu’il y en avait plus qu’il n’en fallait. Est-ce que, dans unpays comme la France, on ne devrait pas savoir à quoi s’en tenir sur unepareille question? Si aujourd’hui on venait à avoir la guerre, commentsaurions-nous si nous avons assez de chevaux, quand le ministre de l’agri-culture nous dit que nous avons assez de chevaux , et que celui de la guerrenous déclare que nous n’en avons pas assez?
En 18/16, vous devez vous rappeler que, lorsque l’on consulta le mi